S’il y a bien un type d’actions pour lequel la Bourse de Bruxelles est connue, ce sont les holdings. Mais en quoi diffèrent-elles des ETF ? Et dans quoi peut-on investir via une holding?
Elles sont moins tendance et moins populaires auprès des jeunes investisseurs que les ETF (Exchange Traded Funds), mais elles constituent une alternative à part entière pour placer son argent de manière diversifiée en Bourse: les holdings, ou sociétés d’investissement (ou de portefeuille).
Qu’est-ce qu’une holding?
Une holding investit dans d’autres entreprises, mais n’exerce généralement pas elle-même d’activités industrielles. Euronext Bruxelles en compte une vingtaine, avec des noms bien connus comme Sofina, GBL ou Ackermans & van Haaren (AvH). Il est également possible d’investir dans des holdings cotées à l’étranger, comme Berkshire Hathaway de Warren Buffett.
Différence avec un ETF
Un ETF, ou tracker, est un panier d’actions ou d’obligations, achetable ou vendable à tout moment en Bourse. Ce type de fonds réplique automatiquement la composition d’un indice boursier sous-jacent, comme le BEL20 ou le S&P 500 (États-Unis). Vous suivez ainsi les mouvements des marchés mondiaux, à faible coût.
Avec une action de holding, vous investissez, à proprement parler, dans un seul titre coté. Mais cette holding détient elle-même des participations dans souvent des dizaines, voire des centaines d’entreprises, cotées ou non cotées, actives dans le monde entier.
Une telle structure permet donc aussi une large diversification du risque. De plus, de nombreuses participations ne sont pas cotées en Bourse et sont donc inaccessibles via un ETF.
Si autant de holdings figurent au tableau de cotation à Bruxelles, c’est le fruit de l’Histoire. Leur essor est étroitement lié à l’industrialisation belge du XIXe siècle, lorsque les holdings servaient à réunir des capitaux pour l’exploitation minière et le développement du rail. Sofina, par exemple, a été fondée en 1898 sous le nom de Société Financière de Transports et d’Entreprises Industrielles. Cette société d’investissement et d’ingénierie gérait, jusqu’en Argentine, des entreprises d’électricité et de tramways grâce aux capitaux de riches familles belges.
Les différents types d’holdings
Une mono-holding est une holding qui participe dans une seule entreprise. C’est le cas, par exemple, de KBC Ancora, qui détient la majorité des actions du groupe KBC.
Une société d’investissement diversifiée, en revanche, possède plusieurs participations. C’est le cas d’Ackermans & van Haaren, qui détient ainsi une participation majoritaire dans l’entreprise de dragage DEME, mais aussi dans les banques Delen et Van Breda, le groupe de plantations SIPEF, ainsi que de nombreuses autres entreprises actives à l’échelle mondiale.
De nombreuses holdings sont contrôlées par des familles d’industriels.
Autre exemple, en achetant une action de la holding Sofina, vous investissez dans des entreprises internationales qui sont actives dans la transformation numérique et les soins de santé, telles que ByteDance (propriétaire de TikTok), la plateforme de seconde main Vinted ou le fabricant de couches Drylock, ainsi que dans des dizaines d’autres fonds privés. Via Bois Sauvage, vous investissez une partie de votre capital dans la marque de pralines Neuhaus et dans Umicore.
Quels sont les risques?
Comme toute action, une holding comporte des risques. Mais en achetant une seule action détenant des participations dans plusieurs entreprises, vous diversifiez efficacement votre investissement. Par ailleurs, de nombreuses holdings sont contrôlées par de grandes familles industrielles fortunées, comme les Boël (Sofina), lafamille Solvay (Solvac) ou la famille Frère (GBL).
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Rendement et coût
Une holding s’achète dans une optique de long terme, car ses gestionnaires visent avant tout une croissance durable. En 2025, les holdings diversifiées cotées à la Bourse de Bruxelles ont enregistré un rendement moyen appréciable de 11,3%, dividendes compris.
Une holding supporte en interne des « frais de gestion », liés aux coûts du management et à la gestion des participations. Ceux-ci figurent dans les comptes annuels de la société, mais restent généralement inférieurs à ceux d’un ETF ou d’un fonds d’investissement bancaire.
Un fait intéressant à connaître est que de nombreuses holdings sont cotées en Bourse avec une décote, c’est-à-dire à un prix inférieur àleur valeur nette d’inventaire, qui correspond à la valeur totale de marché des entreprises détenues.
Vous achetez donc une action dont les composantes valent davantage que le prix payé. Comment l’expliquer ?
Par exemple par une communication insuffisante de la holding sur ses participations, ou par un niveau d’endettement jugé trop élevé. À l’inverse, une holding peut aussi se négocier avec une prime, lorsque les investisseurs estiment la qualité de sa gestion particulièrement élevée.