Donner un pourboire, un réflexe en voie de disparition?
Restaurant, café, livraison… Le pourboire est de moins en moins automatique. Une étude montre qu’un tiers des Belges seraient même favorables à sa suppression pure et dure. Mais qui donne encore un pourboire aujourd’hui, dans quelles situations et pour quel montant?
En vacances, cette marque de courtoisie est souvent automatique : lorsqu’on est bien servi dans l’Horeca, on n’hésite pas à laisser un petit pourboire en guise de remerciement. À domicile, néanmoins, la question divise : faut-il maintenir cette habitude ou l’abolir complètement? Une chose est sûre: l’inflation et la démocratisation du paiement électronique ne facilitent pas les choses, selon une nouvelle étude de Lightspeed.
Les Belges donnent-ils encore un pourboire?
Selon l’enquête, 35% des clients de restaurants estiment qu’il faudrait complètement supprimer cette pratique. À l’inverse, un groupe presque aussi important (34%) juge que le pourboire ne devrait pas être aboli. Quoi qu’il en soit, le constat est révélateur : en Belgique, les pourboires sont de moins en moins fréquents et de moins en moins élevés.
En cause ? L’inflation, la hausse des taxes sur les denrées alimentaires et la généralisation des paiements par carte, qui freinent l’envie de laisser quelques euros de plus. Les terminaux de paiement proposant des pourboires prédéfinis mettent aussi certains clients mal à l’aise : ils se sentent parfois contraints de choisir un pourcentage précis, tandis que d’autres jugent ces suggestions trop restrictives.
Le partage de l’addition semble également constituer un frein : près de la moitié des personnes interrogées finissent par ne rien donner du tout. « C’est regrettable », déplore Emine Youssef, directeur général chez Lightspeed. « Les nouvelles technologies permettent pourtant de proposer des options de pourboire personnalisées, même en cas de partage de l’addition. Ainsi, exprimer sa reconnaissance reste accessible à tous et le personnel hôtelier reçoit la juste compensation. »
Quel montant donne-t-on en moyenne?
Dans les restaurants belges:
- 22% des clients laissent un pourboire de 5 à 10%,
- plus d’un tiers (35%) se limitent à 1 à 5%,
- et 30% ne laissent aucun pourboire.
Dans quelles situations est-ce encore approprié?
Là encore, les avis divergent selon les situations. Un peu plus d’un quart des personnes interrogées (27%) estiment qu’un pourboire est justifié pour les livreurs de repas. Cette proportion descend à 22% dans les cafés et salons de thé. En revanche, l’idée séduit beaucoup moins lorsqu’il s’agit de commander au bar : seuls 14% jugent le pourboire approprié. Et lorsque l’on se sert soi-même, ils ne sont plus que 8% à y être favorables.
Les générations ne partagent pas non plus la même vision. Parmi les personnes âgées de 45 ans et plus, 61% estiment qu’il ne faut pas s’attendre à laisser un pourboire. Chez les moins de 45 ans, cet avis est nettement moins répandu : seuls 31% le partagent.
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