Une nouvelle étude met en lumière le double rôle des microglies, les principales cellules immunitaires du cerveau, dans la maladie d’Alzheimer. Ces cellules peuvent agir à la fois comme protectrices du cerveau, mais aussi contribuer à l’aggravation de la maladie.
À l’échelle mondiale, près de 55 millions de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Cette pathologie se caractérise notamment par l’accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau. Celles-ci endommagent progressivement les neurones et conduisent au déclin cognitif observé chez les patients.
Une étude récente, menée par le VIB et la KU Leuven, montre toutefois que les mécanismes à l’origine de cette accumulation de plaques sont bien plus complexes qu’on ne le pensait. Les microglies – les cellules immunitaires du cerveau – pourraient jouer un rôle paradoxal: en tentant d’éliminer ces protéines toxiques, elles favoriseraient involontairement la formation de nouvelles plaques.
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Le double jeu des cellules immunitaires
Les chercheurs mettent en lumière ce double jeu:
- Un rôle protecteur: les microglies sont des cellules essentielles à la protection du cerveau. Leur mission principale consiste à éliminer les protéines nocives, telles que la bêta-amyloïde.
- Un rôle nocif: en tentant de remplir leur mission de nettoyage, ces mêmes cellules finiraient par favoriser la création de nouvelles plaques amyloïdes.
« Ce constat nous aide à développer de meilleurs modèles pour étudier la maladie et, à terme, trouver des pistes de traitement », explique Frédéric Rousseau, professeur à la KU Leuven et co-auteur de l’étude.
Découverte importante pour la recherche
Cette double nature – volontairement protectrice mais nocive par ses effets – change la compréhension de la progression de la maladie.
Une avancée importante pour la recherche scientifique. Selon les chercheurs, mieux comprendre ce mécanisme leur permettra de « développer des modèles expérimentaux plus réalistes » pour étudier la formation des plaques. Ils espèrent ainsi pouvoir tester de nouvelles thérapies capables d’agir dès les premiers stades de la maladie, avant que le déclin cognitif ne s’installe.