Dans cette chronique, des amis racontent comment ils se sont trouvés et pourquoi ils continuent, encore et toujours, de se retrouver. Direction cette fois un petit village des Ardennes où vibre le rythme de la Zumba.
Chaque semaine, elles se retrouvent pour danser. Mais derrière les pas de Zumba, c’est bien plus qu’un simple cours qui se joue. Dans ce petit village des Ardennes, 16 femmes ont trouvé un antidote à la solitude.
Un cours de Zumba endiablé
C’est le genre de minuscule agglomération qu’en Belgique, on ne retrouve qu’en Ardenne. Entre Rochefort et Saint-Hubert, Masbourg est douillettement lové dans sa vallée, entouré de bois. Un peu à l’écart, la Maison de village abrite une petite salle polyvalente. En s’approchant, les murs laissent filtrer une mélodie endiablée mais assourdie, qui bientôt vient titiller la mémoire: c’est Svalutation, d’Adriano Celentano, tube mondial de 1976. La musique rockabilly se fait plus forte alors que nous passons le sas d’entrée… avant de s’interrompre brusquement lorsque nous pénétrons dans la salle. Immédiatement, 16 paires d’yeux curieux se posent brièvement sur nous, avant qu’un « Ah, vous voilà ! Vous ne savez pas où vous êtes tombés! » ne fuse joyeusement.
La musique reprend de plus belle. Autour de leur professeure, les seize participantes, âgées de 55 à 73 ans, se retrouvent chaque semaine pour un cours de Zumba gold, une gymnastique dansante adoucie, qui privilégie l’ambiance et la bonne humeur. Sur les T-shirts, la devise du cours : Forever Young. Et de fait, ici, l’âge n’existe pas : ça vit, ça rit, ça sautille, ça se déhanche comme à vingt ans. Certains pas s’avèrent parfois hésitants, mais peuimporte. L’idée, ici, est de se faire du bien.
Une vraie thérapie de groupe
Quand on leur demande pourquoi elles sont là, les réponses fusent: pour gagner en souplesse, en énergie, se défouler, se retrouver, mais c’est aussi une ‘thérapie de groupe’, un vrai boost pour le moral. Et depuis trois ans, presque toutes participent au spectacle de l’école de danse Yakaa Dance.
La danse est notre thérapie de groupe, un vrai boost pour le moral.
Ce défi a fait naître un véritable esprit collectif qui déborde aujourd’hui largement du cours: journées à la mer, visites culturelles et même une Yakaa Academy, un week-end inspiré de la Star Academy où se mêlent cours de chant, de théâtre et de danse. Mais le grand événement reste le spectacle de fin d’année, pour lequel elles répètent à domicile, grâce aux chorégraphies filmées sur smartphone.
« La première fois, face aux applaudissements, nous étions toutes très émues », confie l’une d’elles. À ceux qui seraient tentés par une telle activité, mais inquiets du regard des autres, le conseil est unanime : « Il faut oser, simplement. »