En Belgique, s’il est autorisé de percevoir un revenu complémentaire en plus de la pension, certaines règles s’appliquent. © RDNE Stock project/Pexels

Travailler après la pension: combien pouvez-vous gagner sans perdre votre pension?

En Belgique, on peut travailler après la pension et gagner un revenu. Mais plusieurs règles s’appliquent… Qui est concerné? Comment faire? Et quelles sont les conséquences? On vous guide.

De plus en plus de Belges choisissent de travailler après la pension, soit pour compléter leurs revenus, soit pour rester actifs. En cinq ans, le nombre de travailleurs âgés de 65 ans et plus a augmenté de pas moins de 34%, selon Statbel. Et la progression se poursuit.

Nestor, la plus grande agence d’intérim pour seniors du Benelux, rapporte qu’au cours des dix premiers mois de 2025, quelque 9300 sexagénaires se sont inscrits pour un emploi à temps partiel ou un flexi-job. Selon l’un de ses fondateurs, Nicolas Moerman, les pensionnés ne reprennent pas seulement une activité pour gagner un complément financier. « Ils le font aussi pour leur bien-être. Travailler leur donne à nouveau le sentiment d’être utiles et appréciés. Ils ont une occupation porteuse de sens et leurs contacts sociaux augmentent aussi. »

Peut-on gagner un complément de revenu après la pension ?

En Belgique, s’il est autorisé de percevoir un revenu complémentaire en plus de la pension, certaines règles s’appliquent. Elles dépendent du type de pension, de la durée de la carrière, de l’âge et de l’existence ou non d’enfants à charge.

Voici les conditions pour gagner un complément de revenu sans plafond (sans impact sur la pension) :

  • Avoir atteint l’âge légal de la pension, qui est actuellement de 66 ans (67 ans à partir de 2030).
  • Pouvoir justifier d’au moins 45 années de carrière au moment de l’entrée en pension si on n’a pas encore atteint l’âge légal.

Quid si vous ne remplissez pas ces conditions ?

Si vous êtes parti à la retraite anticipée – donc si vous avez moins de 66 ans ou si vous ne comptez pas 45 années de carrière – d’autres règles s’appliquent.

Des plafonds de revenus sont alors fixés pour le « travail autorisé ». Ils dépendent de votre situation personnelle et du secteur dans lequel vous avez travaillé. Si vous dépassez ces plafonds, votre pension est réduite proportionnellement au pourcentage du dépassement. Par exemple, si vous gagnez 35% de trop, votre pension est réduite de 35%. En cas de dépassement de plus de 100%, la pension peut même être suspendue pour l’année concernée.

Il est conseillé de contacter l’ONSS afin de vérifier le montant que vous pouvez gagner dans votre situation spécifique si vous avez moins de 65 ans. Cela peut se faire via contact@onss.fgov.be.

D’autres exceptions figurent sur le site du Service fédéral des Pensions.

Gagner un complément de revenu avec un flexi-job                                                  

Les flexi-jobs sont extrêmement populaires en Belgique. On compte aujourd’hui environ 230.000 flexi-jobbers, et les pensionnés en sont une part très importante. La tranche d’âge qui connaît la croissance la plus rapide (+52,6 % en 2024) est celle des 65 ans et plus. On rencontre des flexi-jobbers un peu partout. Le week-end chez votre boulanger, par exemple, ou à la caisse de votre supermarché en début de soirée.

Quels sont les avantages ?

  1. La simplicité administrative.
  2. Vous ne payez ni impôts nicotisations sociales. Le salaire brut correspond donc directement au salaire net. L’employeur, quant à lui, paie une cotisation patronale de 28%.
  3. Vous pouvez désormais exercer un flexi-job dans de nombreux secteurs. Avant, ce n’était possible que dans des secteurs spécifiques comme l’horeca et le commerce de détail. À partir du 1er avril, cela devient possible dans tous les secteurs, sauf si les partenaires sociaux – syndicats et employeurs – d’une commission paritaire donnée en décident autrement. Gardien dans un musée ou spécialiste IT, lespossibilités sont grandes.

Quelles sont les conditions ?

En tant que travailleur, vous ne pouvez exercer un flexi-job que si vous avez une activité principale et êtes occupé à au moins 80%. Cela ne s’applique évidemment pas aux pensionnés. Tous les types de pension sont admissibles: pension à l’âge légal, pension anticipée, pension de retraite ou pension de survie. Vous pouvez exercer un flexi-job en tant qu’ancien fonctionnaire, salarié ou indépendant.

Toute personne ayant atteint l’âge légal de la pension (66 ans depuis 2025) peut exercer un flexi-job. Si vous êtes à la retraite anticipée sans avoir encore atteint cet âge, vous devez être enregistré comme pensionné au cours du deuxième trimestre précédent. Vous devez donc être pensionné depuis au moins un trimestre civil complet.

Des limites de revenus en cas de pension légale ?

Comme indiqué plus haut, à partir de l’année de la pension légale, vous pouvez gagner un revenu complémentaire sans limite, y compris si vous pouvez prouver 45 années de carrière à l’entrée en pension. Vous pouvez donc exercer autant de flexi-jobs que vous le souhaitez. Et il n’existe actuellement aucun plafond fiscal: les revenus sont toujours exonérés d’impôts. C’est la raison du grand succès des flexi-jobs auprès des 65 ans et plus.

Quid en cas de pension anticipée ?

En plus des plafonds applicables au «travail autorisé», les personnes en retraite anticipée doivent tenir compte d’un plafond spécifique. Elles peuvent en effet gagner au maximum 8121 € par an. En cas de dépassement, une sanction s’applique, avec la pension légale réduite de la moitié du pourcentage du dépassement. Mieux vaut donc éviter cette situation !

Gagner un complément de revenu comme indépendant

Le nombre de pensionnés qui gagnent un complément de revenu en tant qu’indépendants est également en hausse.

Certains exerçaient déjà une activité indépendante durant leur carrière, ont pris ensuite leur retraite, mais tout en continuant à effectuer ponctuellement des missions. D’autres étaient salariés et n’ont opté pour le statut d’indépendant qu’après leur retraite. Le grand avantage est que, en tant qu’indépendant complémentaire, vous décidez en principe vous-même des missions que vous acceptez. Vous les effectuez quand vous le souhaitez et n’êtes pas tenu d’être physiquement présent dans un bureau. Vous pouvez ainsi travailler à votre propre rythme.

Un autre atout est qu’en supportant des frais professionnels, vous pouvez déduire certaines dépenses et ainsi maîtriser votre charge fiscale. En effet, même en tant qu’indépendant pensionné, le fisc additionne les revenus de votre activité complémentaire à ceux de votre pension.

Il ne faut toutefois pas sous-estimer la lourdeur administrative liée à une activité indépendante, de la déclaration TVA aux impôts en passant par la nouvelle facturation électronique via PEPPOL. Un comptable peut bien sûr vous assister, mais une certaine affinité avec les chiffres et l’administratif est souhaitable.

Y a-t-il des limites de revenus ?

Comme indiqué précédemment, à partir de l’année de la pension légale, vous pouvez gagner un revenu complémentaire sans limite, y compris si vous pouvez justifier de 45 années de carrière à l’entrée en pension.

Si vous n’avez pas encore atteint l’âge légal de la pension ou si vous ne comptez pas 45 années de carrière, des plafonds de revenus s’appliquent également aux indépendants pensionnés. Si vous êtes sans enfants à charge, le revenu annuel net maximal autorisé est de 8346€. Si vous avez des enfants à charge, le revenu annuel net maximal autorisé passe alors à 12.519€.

Attention: si vous dépassez d’au moins 25% le revenu annuel maximal autorisé, vous perdrez un quart de votre pension légale. Et si vous gagnez le double du montant autorisé, vous perdrez entièrement votre pension légale. La prudence est donc de mise!

Quelles sont les démarches pour devenir indépendant?

5 étapes indispensables pour devenir indépendant:

  • Le premier choix consiste à décider si vous optez pour une entreprise individuelle ou une société. L’entreprise individuelle est la solution la plus simple et la moins coûteuse. La société est une entité juridique distincte, qui permet de séparer clairement votre patrimoine privé de votre activité, mais elle engendre aussi davantage de frais, des coûts de constitution à l’établissement des comptes annuels.
  • Vous devez ensuite vous inscrire à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE). Cette démarche se fait via un guichet d’entreprises agréé, parmi lesquels Securex, Xerius, Partena Professional et Liantis figurent parmi les plus connus. Après l’inscription, vous recevez un numéro d’entreprise.
  • Vous devez ensuite vous affilier à une caisse d’assurances sociales, qui est le plus souvent la même que votre guichet d’entreprises. Cette caisse perçoit vos cotisations sociales trimestrielles. Pour les indépendants bénéficiant d’une pension de retraite ou les 65 ans et plus percevant une pension de survie, un tarif réduit s’applique. Vous trouverez les détails sur le site de l’Inasti.  
  • N’oubliez pas la TVA. Si votre chiffre d’affaires annuel est inférieur à 25.000€ , vous bénéficiez de la franchise de TVA. Vous restez assujetti, mais pouvez demander une exemption des déclarations: vous ne facturez pas la TVA et ne devez pas introduire de déclaration. Au-delà de ce seuil, vous devez facturer la TVA à vos clients, déposer des déclarations et payer la TVA chaque trimestre.
  • Cherchez un comptable compétent. Qu’il se présente comme comptable, expert-comptable ou conseiller fiscal, ce professionnel est quasiment indispensable pour développer votre activité indépendante. Il peut vous conseiller sur le choix entre entreprise individuelle et société (par exemple une SRL), en fonction de votre chiffre d’affaires.

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