Escale incontournable vers les îles, la capitale grecque mérite qu’on s’y attarde. Berceau de notre civilisation occidentale, insolite métissage d’architectures, Athènes est tout sauf un musée à ciel ouvert à qui sait regarder.
À tout seigneur tout honneur, l’Acropole et son Parthénon attirent d’emblée tous les regards. Tel un vaisseau de pierre dominant la plaine, le site s’étire sur une vaste esplanade surplombant la ville basse de quelque 115 mètres. Mais d’autres vestiges surgissent dans le centre historique.
Que faire, que voir à Athènes? Nos bons plans
Il suffit d’emprunter les rues piétonnes Dionissiou Aeropagitou et Apostolou Pavlou qui bordent la colline de l’Acropole et le pittoresque quartier de Plaka pour découvrir les sites antiques les plus importants. À une extrémité, tel un arc de triomphe, la porte d’Hadrien fait face à l’Olympiéion, un temple dédié à Zeus dont il ne reste qu’une quinzaine de colonnes monumentales sur les 104 qui se dressaient ici.
La balade longe les remparts de l’Acropole où on devine aisément le théâtre de Dionysos ou encore l’odéon d’Hérode Atticus, un théâtre plus petit qui accueille chaque été le Festival d’Athènes. En face, la façade de verre du musée de l’Acropole, une visite indispensable pour ceux qui veulent en savoir plus sur le site. Plus loin, on atteint l’Agora grecque, jadis cœur de la vie sociale, où Socrate accostait les passants et où Diogène avait installé son tonneau.
La promenade s’achève dans le plus vieux cimetière de l’Attique, le Keramikos, où les herbes frôlent les pierres tombales et les statues, sous le regard de l’église orthodoxe de Agia Triada, encadrée par de hauts cyprès.
Un centre historique très vivant
La rue Ermou traverse d’Ouest en Est le centre de la capitale, depuis le cimetière de Keramikos jusqu’à la place Syntagma où s’élève le Parlement. Principalement piétonne et très commerçante, on y trouve des étals de rue, des antiquaires, des bouquinistes et des tavernes avant que peu à peu surgissent de grandes enseignes internationales, des cafés plus modernes et des magasins de souvenirs. La rue débouche sur un des lieux les plus emblématiques de la ville, la place Monastiraki, où s’ouvre le marché aux puces qui s’engouffre dans les ruelles derrière la place jusqu’à l’Agora romaine. On y trouve de tout et on s’y bouscule un peu. Elle abrite un site insolite, la Tour des Vents, un bâtiment octogonal en marbre de 12 mètres de haut qui servait d’observatoire pour enregistrer les mouvements du soleil et de la lune.
De retour sur la rue Ermou, celle-ci se prolonge vers un trésor byzantin du XIe siècle posé comme un ovni au milieu de la rue qui l’encadre, l’église Kapnikaréa, une oasis de quiétude à deux pas de l’agitation. Avant de joindre la place Syntagma, un léger détour sur la droite permet d’atteindre l’imposante cathédrale d’Athènes, la Grande Métropole, édifiée au XIXe siècle et qui écrase par sa taille sa voisine, la Petite Métropole, autre petit bijou byzantin de la fin du XIIe siècle.
La place Syntagma est aujourd’hui un lieu de passage où se croisent les véhicules et les habitants selon le rythme des horaires de bureau. Mais à la lisière de la place, juste en face du parlement établi dans l’ancien palais royal, se trouve le tombeau du Soldat inconnu, gardé jour et nuit par les soldats de la Garde nationale, les ezvones. C’est le rendez-vous de tous à l’heure de la relève de la Garde. Vêtus d’une jupette blanche, coupée dans 30 mètres de tissu pour réaliser les 400 plis correspondant au nombre d’années de l’occupation ottomane, chaussés de souliers taillés dans du cuir rouge et ornés d’un pompon noir, ils prennent des allures d’automates dès leur mise en mouvement.

Quartiers populaires
Accroché au versant nord de l’Acropole, Plaka, un lacis de venelles pittoresques, jalonnées de petites églises orthodoxes et de placettes animées, est devenu très touristique, mais il est vrai que les maisons blanchies à la chaux offrent pour la plupart quelques tables pour y savourer un ouzo et découvrir la gastronomie locale.
Si Plaka s’étire sur les contrebas de l’Acropole, de l’autre côté s’ouvre l’Athènes plus populaire avec des enseignes plus locales. En suivant l’avenue Athinas qui propose à la fois un bric-à-brac bon marché et des produits du terroir de qualité, on arrive au pittoresque Marché Central, le ventre d’Athènes comme on le nomme là-bas. Halle d’acier et de verre édifiée au XIXe siècle, son rez-de-chaussée se partage entre les étals à viande et à poissons pêchés le matin même dans les eaux de la mer Egée. Spectacle vibrant, parfois à lalimite de l’écœurement car ici, tout est brut, et le matin immerge les passants dans les invectives entre commerçants et les cris de certains clients qui tâchent de marchander au mieux leurs achats.
En face des Halles, une place ouvre sur Psiri, centre de tous les artisans et petits commerces. Cet ancien quartier populaire semble renaître avec la restauration de maisons abandonnées. On y trouve des petits bistrots qui étalent leurs tables et chaises à l’ombre de grands arbres. Les murs affichent des œuvres parfois gigantesques de nouveaux artistes. C’est l’endroit idéal pour sortir le soir.
Quant aux musées, ils sont légion. Ne manquez pas les deux musées de la Fondation Basil & Elise Goulandris. Au musée d’Art cycladique, créé en 1986, on découvre, outre des bronzes et des céramiques à figures rouges, une insolite collection d’idoles cycladiques, sans doute associées à des rites funéraires. Le musée d’art moderne et contemporain réunit pour sa part, dans un bel édifice néoclassique au pied de l’église jaune et blanche Agios Spiridon, des merveilles des XIXe et XXe siècle, signées Monet, Degas, Van Gogh, Rodin, Miró, Picasso ou encore Matisse.

Une ville qui verdit peu à peu
Considérée comme l’une des villes méditerranéennes les plus vulnérables aux impacts des vagues de chaleur, il semble qu’Athènes fasse aussi partie des villes les plus actives en Europe en matière de végétalisation et de création d’espaces verts, tout comme elle développe l’accès à l’eau avec la création de fontaines.
Quand on grimpe au sommet des deux collines verdoyantes qui encadrent la cité pour découvrir une vue unique sur la cité avec, au loin, la ligne bleue de l’horizon marin, il faut bien admettre que la ville ressemble davantage à une longue coulée blanche. La colline des Muses permet de profiter d’une nature arborée tout en découvrant un superbe point de vue sur le Parthénon. La colline de Lycabette, la plus haute avec ses 277 mètres de hauteur, est pour sa part surmontée d’une petite chapelle de Saint-Georges qui s’offre une vue à 360° sur la capitale, et on y réalise que cette colline est un vrai îlot de verdure dans une mer d’immeubles blancs.
Autre oasis de verdure au cœur de la ville, le JardinNational jouxtant la place Syntagma, avec pas moins de 160.000 m² et plus de 500 types d’arbres et de plantes. De quoi offrir de nombreux coins ombragés où les bancs ne manquent pas. Une flânerie bucolique entre clairières, étangs, tonnelles, lac et petit pont de bois... à deux pas du Parlement.
En pratique
- thisisathens.org: l’office du tourisme est présent à l’aéroport.
- S’y déplacer: la ligne de métro 3 part del’aéroport et traverse toute la ville jusqu’au Pirée – le meilleur moyen de circuler en ville.
- Se loger: The Golden Age Hotel, au cœur d’un quartier résidentiel agréable à 5 minutes à pied de la ligne 3 du métro. hotelgoldenage.com
Texte Christiane Goor