Arrêtons de dramatiser la ménopause et considérerons-la comme une transition vers une nouvelle phase de la vie... D’autant plus que, contrairement aux générations précédentes, nous disposons d’un large éventail de solutions pour soulager les troubles qui y sont liés.
Contenu :
– La meilleure solution : les hormones
– Les solutions alternatives
– Continuer à faire du sport
– Adieu la fertilité ?
– Le côté positif ? La fin des règles !
– Bon à savoir
Du point de vue purement médical, la ménopause est un jour bien précis. C’est en effet la date anniversaire de la première année complète sans menstruations. Mais tout comme on ne devient pas adulte du jour au lendemain, le passage à un état de la vie non rythmé par les règles s’étend également sur une période plus ou moins longue.
» En moyenne, cette période de transition dure un à deux ans, explique Patrick Neven, professeur en médecine à la KUL de Louvain. Mais il y a des exceptions. Certaines femmes peuvent encore avoir des bouffées de chaleur à 80 ans, par exemple. Cela varie d’une femme à l’autre. Pour donner un ordre d’idée, la ménopause survient le plus souvent aux alentours de 51 ou 52 ans. De nombreux facteurs tels que l’hérédité mais aussi le mode de vie entrent en jeu. En général, les fumeuses sont ménopausées tôt. Certaines femmes sont également ménopausées très jeunes à la suite d’une maladie. «
Pour beaucoup de femmes, la ménopause s’accompagne de symptômes désagréables tels que des envies d’uriner ou des sueurs nocturnes, des bouffées de chaleur, une prise de poids, des règles irrégulières, des sautes d’humeur, une émotivité exacerbée... Ceci dit, une femme sur quatre affirme ne souffrir d’aucun trouble pendant cette période de la vie » Donc, trois femmes sur quatre vivent leur ménopause avec beaucoup de difficultés, constate le Pr. Neven. Mais nous pouvons les aider de manière efficace en leur prescrivant un traitement adapté. «
La meilleure solution : les hormones
» Correctement prescrites et dosées, les hormones constituent le moyen le plus efficace pour contrer les désagréments liés à la ménopause, précise le Pr. Neven.
Selon les cas, elles peuvent être administrées sous différentes formes : pilules, gel ou patches. Ces différentes méthodes d’administration permettent des traitements hautement personnalisés qui tiennent compte du mode de vie de la patiente. Les femmes qui n’ont pas subi d’ablation de l’utérus se voient prescrire de la progestérone et des oestrogènes. Les autres, soit 15 % des femmes ménopausées, ne peuvent prendre que des oestrogènes. »
Mais faut-il forcément prendre des hormones dont on sait qu’elles ont été l’objet d’une polémique il y a quelques années, accusées d’augmenter les risques de cancer du sein et de maladies cardio-vasculaires? » Non, mais elles restent la meilleure solution. On a largement exagéré les dangers liés à la prise d’hormones. Dans le corps médical, il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont tout à fait contre. Mais la plupart des médecins s’accordent à dire que seuls les arguments scientifiques sont à prendre en compte dans la prescription ou non d’hormones.
Entre 50 et 70 ans, on constate que, chaque année, 3 femmes sur 1.000 développent un cancer du sein. La prise d’hormones fait grimper ce chiffre à 4 femmes sur 1.000, mais avec une qualité de vie nettement améliorée chez celles qui se plaignent de désagréments liés à la ménopause. La prise d’hormones n’augmente donc pas beaucoup les risques. C’est également vrai pour les risques d’attaques : cet argument n’a de sens que passé 60 ans.
Quoi qu’il en soit, les doses d’hormones que nous prescrivons sont très faibles. Avant, on conseillait parfois aux femmes de prendre la pilule jusqu’à 60 ans. Depuis, on a réussi à réduire fortement les dosages et à limiter la prise dans le temps. Dans la pratique, on arrête le traitement pour voir si les plaintes persistent après deux ans. Si c’est le cas, on poursuit le traitement en recommençant avec un dosage inférieur à celui utilisé précédemment.
D’une manière générale, on ne prescrit plus d’hormones après 60 ans, pour réduire les risques d’attaques. Et nous ne prescrivons pas de traitement hormonal à toutes les femmes. Celles qui sont en surpoids ou font état de cancers du sein dans leur famille se verront prescrire un autre traitement. Certaines femmes n’ont qu’un trouble bien précis que l’on peut facilement traiter. La sécheresse vaginale, par exemple, se traite avec un ovule vaginal par semaine. C’est simple et efficace. Contre les bouffées de chaleur, on peut prescrire des anti-hypertenseurs ou des antidépresseurs à faible dose. Une vaste étude est actuellement en cours pour voir dans quelle mesure les médicaments utilisés pour soigner l’épilepsie pourraient également être utiles. Mais on en attend encore les résultats. »
Les solutions alternatives
Que penser de certains remèdes naturels conseillés pour soulager les troubles liés à la ménopause ? Il y a peu, on vantait encore les bienfaits du houblon. Désormais, c’est le soja qui a la cote !
« Je ne crois pas trop aux effets de ces compléments alimentaires, affirme le Pr. Neven. En ce qui concerne le houblon et le soja, aucune étude scientifique n’a pu prouver leur efficacité. Et quand on constate certaines améliorations, je pense qu’il s’agit plutôt d’un effet placebo. En effet, les placebos marchent dans 20 % des cas, tout simplement parce que le patient est convaincu que son traitement l’aide.
Certains pensent que les plantes ne peuvent pas faire de tort. C’est sans doute vrai pour le black cohosh, un remède non hormonal qui serait efficace contre les bouffées de chaleur. Je ne pense pas qu’il puisse être dangereux mais, il en va tout autrement pour les phyto-oestrogènes. Même s’il s’agit de produits végé-taux, ils ne sont pas inoffensifs. Ce sont des oestrogènes et ils influencent les récepteurs à oestrogènes. Ce qui constitue un danger pour celles qui souffrent d’un cancer du sein. »
Continuer à faire du sport
Si la médecine peut soulager nombre de troubles, elle reste impuissante face aux kilos en trop. » Les femmes peuvent résoudre ce problème elles-mêmes. Souvent, pour compenser les désagréments liés à la ménopause, on se console en grignotant et on se dépense moins. Pourtant, il est primordial de continuer à faire de l’exercice. Non seulement pour perdre du poids mais aussi pour diminuer les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. »
Adieu la fertilité ?
On est ménopausée quand on n’a plus eu ses règles pendant un an. Mais peut-on pour autant arrêter d’utiliser des moyens contraceptifs ? » Il est tout à fait possible, malgré l’absence de menstruations, que les ovaires conservent une réserve d’ovules prêts à être fécondés, affirme le Pr. Neven. Pour lever le doute, on peut contrôler la présence d’oestradiol (un oestrogène) et de FSH (hormone folliculostimulante) dans le sang. Mais ce test n’est pas d’une grande fiabilité. Il existe aussi une méthode expérimentale permettant de déterminer le nombre d’ovules encore présents dans les ovaires, mais on ne la propose qu’aux femmes de moins de 45 ans souhaitant avoir un enfant. Les ovules restants peuvent, en effet, être stimulés.
Quant aux femmes de plus de 50 ans, on part du principe qu’elles ne sont plus fertiles lorsque leurs dernières règles remontent à douze mois au moins. Si le test expérimental établit que la patiente n’a plus d’ovules, on peut lui annoncer qu’elle sera ménopausée dans les cinq années à venir et qu’elle cessera donc d’être réglée. «