Les PFAS, ces polluants éternels, sont au cœur de l’actualité. Alors que les études montrent leur implication dans divers problèmes de santé, comment s’en protéger au quotidien ?
Aujourd’hui, on estime que 99% de la population mondiale a des PFAS dans le sang. Or, ces substances sont mises en cause dans divers problèmes de santé, comme les lésions hépatiques, les maladies thyroïdiennes, l’obésité, les problèmes de fertilité et les cancers. On les appelle parfois polluants éternels, en raison de leur très longue persistance dans l’environnement et dans le corps humain.
Pourquoi utilise-t-on des PFAS, pourtant dangereux?
Très stables, antiadhésives et résistantes à la chaleur, les PFAS ou « substances per- et polyfluoroalkylées » ont la faculté de repousser l’eau et les graisses, ce qui explique leur utilisation massive dans de multiples objets de consommation courante, des poêles aux emballages, en passant par les mousses anti-incendies, les matériaux de construction, les cordes de guitare, les peintures…
PFAS: 5 conseils pour limiter le danger
Dans l’attente de mesures législatives plus strictes, il est possible de limiter son exposition à ces substances.
1. Limiter sa consommation d’abats et de fruits de mer
« On est essentiellement exposés aux PFAS via l’eau et la nourriture », résume Renaud De Bruyn, conseiller au sein de l’asbl Ecoconso.
Du côté des aliments, l’ingestion de PFAS se fait en particulier par la consommation de fruits de mer (crevettes, homard...) et de poissons, notamment les poissons prédateurs. En mangeant d’autres poissons contaminés, ces grands poissons comme le thon accumulent au fil de leur vie une quantité importante de PFAS.
Les abats, surtout de gibier, contiennent également de grandes quantités de PFAS. La viande, les œufs, le lait et les fruits sont également des sources significatives de PFAS, tout comme les légumes (surtout les légumes racines comme la betterave, le navet, la patate douce...).
Acheter des aliments bio limite les risques en raison de l’absence de certains pesticides mais ne protège pas entièrement contre les PFAS qui peuvent se retrouver dans le sol de culture.
2. Filtrer l’eau du robinet
La plupart des distributeurs d’eau indiquent désormais le taux de PFAS. Si la grande majorité des eaux de notre pays se situent en dessous de la norme européenne de 100ng par litre, celle-ci est aujourd’hui considérée comme particulièrement peu sévère... Mais faut-il pour autant arrêter de boire de l’eau du robinet?
« Il est possible que certaines eaux en bouteille contiennent aussi des PFAS », commente Renaud De Bruyn. Par ailleurs, souvent conditionnées dans des bouteilles en plastique, ces eaux peuvent contenir d’autres polluants.
Pour limiter la teneur en PFAS de l’eau du robinet, on peut utiliser une carafe filtrante ou, beaucoup plus efficaces mais plus coûteux (quelques centaines d’euros), des systèmes de filtrage à faire installer sous l’évier par un professionnel, comme les unités à charbon actif ou à osmose inverse.
3. Changer de poêle
Les poêles anti-adhésives libèrent des PFAS. « L’alternative, ce sont les poêles en inox ou en acier », précise Renaud De Bruyn. Les poêles en acier demandent un entretien particulier: elles doivent être lavées à l’eau, sans détergent, et ne passent pas au lave-vaisselle. Il faut aussi les huiler légèrement après rinçage pour éviter qu’elles rouillent. Au fil, du temps, le fond se « culotte », rendant la poêle anti-adhésive.
Autre avantage: les poêles en acier sont quasi inusables.
4. Éviter au maximum les emballages
Les emballages en papier ou en carton résistants à l’eau ou aux graisses sont à éviter. « Si l’huile de votre pizza n’a pas l’air de se répandre au niveau de l’emballage, c’est probablement que cet emballage a été traité contre le gras, et probablement avec des PFAS », souligne Renaud De Bruyn.
Les autres emballages ne contiennent théoriquement pas de PFAS, mais les cannettes et conserves contiennent du plastique au niveau de leur revêtement intérieur... Seuls le verre et le métal sont sûrs. « On peut aussi télécharger l’application Scan4Chem qui permet de savoir si un produit contient les substances les plus problématiques », conseille Renaud De Bruyn
5. Choisir des vêtements sans PFAS
Les PFAS sont utilisés dans les textiles pour leurs qualités déperlantes, étanches ou anti-tâches. Ils sont présents dans les textiles « outdoor ».
« Certaines marques se sont engagées à ne plus utiliser de PFAS, même si on ne connaît pas précisément les produits qu’elles utilisent en remplacement », souligne Renaud De Bruyn. Les labels Bluesign, GOTS et OEKO-TEX garantissent une utilisation limitée des substances chimiques dans les textiles. Certaines associations, comme The Good Goods, répertorient par ailleurs les marques qui n’utilisent pas de PFAS.
« En évitant d’utiliser des produits qui contiennent des PFAS, on diminue aussi le poids de l’industrie qui utilise ces PFAS », relève Renaud De Bruyn. Enfin, en achetant vos vêtements en seconde main, vous limiterez votre exposition car les PFAS sont évacués au fur et à mesure de leur utilisation.