Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquents dans notre pays. Pourtant, un grand nombre de Belges ne se font toujours pas dépister, alors que le test est simple... et gratuit!
À un stade précoce, le cancer du côlon se soigne plus facilement. Les traitements sont moins lourds et les chances de guérison nettement plus élevées. Pourtant, à Bruxelles et en Wallonie, les chiffres du dépistage restent préoccupants, avec un taux de participation de 33%. Le contraste avec les Pays-Bas, où le taux atteint 73%, est frappant. La différence tient en grande partie à l’organisation du programme. Là-bas, le kit de dépistage est envoyé directement dans la boîte aux lettres des citoyens, sans aucune démarche à effectuer.
Se faire dépister à temps
Le cancer du côlon reste une maladie grave en Belgique. Chaque année, près de 8000 personnes reçoivent ce diagnostic, et environ 2500 Belges en meurent. Cela représente en moyenne 7 décès par jour. Pourtant, il s’agit d’un cancer qui peut souvent être détecté tôt, et c’est précisément là que réside l’enjeu.
Lorsqu’il est repéré à temps, les chances de guérison sont nettement plus élevées. Le cancer du côlon se développe en général plus lentement, ce qui rend le dépistage si précieux. Des anomalies peuvent alors être détectées avant même l’apparition de symptômes, ou à un stade où la maladie est beaucoup plus facile à traiter.
Un dépistage précoce peut donc non seulement sauver des vies, mais aussi éviter beaucoup de souffrances humaines. Des traitements moins lourds, moins de complications et de meilleures chances de rétablissement: autant d’avantages d’une intervention rapide.
Un test gratuit, mais...
Si la participation au dépistage reste limitée, ce n’est pas uniquement lié au manque d’information des citoyens ou à leur tendance à reporter le test à plus tard. La manière dont ce test est proposé joue aussi un rôle déterminant.
En Flandre, les personnes du groupe cible reçoivent automatiquement une invitation accompagnée d’un kit de dépistage à domicile. Cette stratégie s’avère nettement plus efficace qu’une simple invitation.
À Bruxelles et en Wallonie, la démarche est plus contraignante. Les citoyens doivent souvent prendre eux-mêmes l’initiative de demander un test. Et c’est précisément à ce moment-là que beaucoup renoncent.
Qui reçoit une invitation ?
En Belgique, les personnes âgées de 50 à 74 ans peuvent participer tous les 2 ans au dépistage du cancer du côlon. Les modalités pratiques varient selon la région.
Lire aussi | Cancer colorectal: se faire dépister à domicile
Les médecins et les pharmaciens font aussi la différence
La campagne de dépistage de la population n’est pas le seul levier important. Une simple conversation avec un médecin généraliste ou un pharmacien peut également convaincre certaines personnes de se faire tester.
Pour beaucoup, réaliser un test de selles n’est pas un geste spontané. Une explication claire, un mot rassurant ou des informations pratiques lors d’une consultation peuvent donner le petit coup de pouce nécessaire.
La question n’est donc pas seulement de savoir comment faire parvenir le test au citoyen. Il s’agit aussi de mieux soutenir les professionnels de la santé pour qu’ils puissent aborder plus facilement la question du dépistage avec leurs patients.
Des idées reçues tenaces
De nombreuses idées fausses persistent encore autour du cancer du côlon.
- C’est une maladie d’hommes: rien n’est moins vrai. 45% des diagnostics concernent des femmes.
- Ce n’est pas dans ma famille: une idée dangereuse, car 65% des cas apparaissent spontanément, sans prédisposition héréditaire.
- Je suis encore trop jeune: même si la majorité des patients a plus de cinquante ans, les médecins observent une augmentation des diagnostics chez les trentenaires et quadragénaires. Chez eux, la maladie est souvent détectée tardivement parce que les signaux d’alerte ne sont pas pris au sérieux.