Ce sont les chiens d’assistance pour la maladie d’Addison qui sont les plus demandés. © Natasja Noordervliet

Ces chiens capables de détecter des maladies

PlusMagazine.be Rédaction en ligne

Les abeilles détectent Alzheimer. Perroquets et chevaux aident les personnes victimes de traumatismes. Chats, lapins et alpagas contribuent à notre bien-être. Mais le chien reste l’animal d’assistance le plus polyvalent.

Les chiens d’assistance sont spécialement formés pour apporter une aide concrète dans la vie quotidienne de nombreux patients. Ils leur offrent la sécurité, l’autonomie et une meilleure qualité de vie. « Nous faisons la distinction entre les chiens d’assistance AVJ (aide à la vie journalière), pour l’autisme et ceux spécifiquement formés à la détection médicale, comme l’épilepsie, le diabète ou le syndrome de stress post-traumatique », explique Mieke de Boer, formatrice chez KIBO Medical Detection Dogs.

Les chiens d’assistance, un vrai soutien

« Lorsque l’association a été créée, la demande concernait surtout les chiens d’assistance pour les personnes diabétiques. Ces chiens étaient dressés pour détecter une hypoglycémie ou une hyperglycémie imminente en flairant les taux anormaux de sucre dans le sang. Aujourd’hui, il existe toutes sortes d’applications permettant aux diabétiques de surveiller eux-mêmes leur glycémie. Désormais, ce sont les chiens d’assistance pour la maladie d’Addison qui sont les plus demandés.

Les personnes atteintes de cette maladie souffrent d’insuffisance surrénale. Leurs glandes surrénales ne produisent pas assez de cortisol, l’hormone du stress. Cette carence peut potentiellement engager leur pronostic vital. Faute d’outils adaptés pour mesurer le cortisol en temps réel, les patients vivent dans l’incertitude et enchaînent souvent les séjours à l’hôpital. Les chiens d’assistance pour la maladie d’Addison peuvent signaler très tôt un taux de cortisol trop bas, ce qui permet aux malades de prendre leurs médicaments à temps. « 

Pas un rôle pour tous les chiens

« Le chien doit être à la hauteur, avoir un caractère stable et apprécier son travail. Il s’agit souvent de chiens de chasse ou de croisements, car ils aiment naturellement utiliser leur flair. »

« Toutes les races peuvent convenir, mais plus le museau est long, mieux c’est: un labrador a un odorat bien plus développé qu’un bouledogue », explique Chris Callewaert, bioingénieur à l’Université de Gand et spécialisé dans les odeurs corporelles.

Un nez plus fin qu’un test de dépistage

Durant la pandémie, le chercheur a étudié la capacité de six bergers malinois à renifler et identifier l’infection au coronavirus chez l’Homme. « Nous nous sommes inspirés d’initiatives françaises qui partaient du principe que si le chien peut détecter des drogues ou le cancer, alors pourquoi pas le coronavirus... Le succès de ce projet pilote, nous a permis d’obtenir le soutien du gouvernement belge pour développer nos propres recherches. »

Selon Chris Callewaert, le flair des chiens est plus précis qu’un test de dépistage rapide. « L’odorat d’un chien est 50 fois plus développé que celui de l’Homme. Sa truffe est plus grosse et il possède plus de récepteurs olfactifs (300 millions contre 6 millions pour l’Homme). Les chiens ont réussi à détecter le virus dans 95% des cas. De plus, le chien offre un dépistage beaucoup plus rapide et moins coûteux que n’importe quel autre type de test.

L’objectif ultime était de les utiliser en présence de foules importantes, dans les aéroports, lors d’événements sportifs ou d’autres grands rassemblements. Mais la législation ne le permet pas encore. Néanmoins, ce projet n’a pas été vain. Il a démontré que cette méthode de dépistage est à la fois rapide et fiable. Elle pourrait être adaptée à d’autres infections virales à l’avenir. Nous espérons donc que la loi évoluera. »

Vers une détection du cancer du côlon?

Le monde médical explore aussi les possibilités qu’offrent les chiens dans le dépistage du cancer. En 2014, l’équipe de la Fondation royale néerlandaise des chiens-guides a entamé une étude en collaboration avec le Centre médical de l’Université libre d’Amsterdam pour examiner si les chiens pouvaient détecter le cancer du côlon en reniflant les selles. Le projet s’est achevé avec succès en 2018.

Les dresseurs ont appris aux chiens à associer l’odeur du cancer du côlon à celle de leur jouet préféré. Une fois que les chiens ont intégré le principe, les dresseurs ont supprimé l’odeur du jouet pour ne garder que l’odeur du cancer du côlon. Chris Callewaert: « Le cancer libère des anticorps et parfois des déchets de bactéries qui se retrouvent dans le sang et donc aussi dans l’urine, la salive et la sueur. Les chiens sont capables de les détecter. Des études pilotes sont en cours dans plusieurs pays ».

Dans la pratique, les chiens ne sont pas encore utilisés. « Pour qu’ils soient reconnus comme de véritables outils de diagnostic, des études cliniques de grande envergure doivent encore être réalisées. Le dressage d’un tel chien coûte de l’argent. Il faut également rémunérer la personne qui l’accompagne. Il ne suffit en effet pas d’installer le chien à l’hôpital et de le laisser sans supervision. De plus, il faut poursuivre la formation, c’est-à-dire proposer des échantillons positifs si l’on veut que le chien continue à travailler avec précision. Les résultats sont très prometteurs, mais on ne sait pas encore comment traduire cela en pratique. »

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