Travailler plus longtemps signifie aussi, le plus souvent, travailler autrement. © picjumbo.com/Pexels

Travailler après la retraite: la tendance est lancée en Belgique

La retraite rime avec repos, n’est-ce pas? Pas pour un nombre étonnant de pensionnés, qui font le choix de poursuivre le travail, souvent autrement, voire en pratiquant un nouveau métier.

« La tendance à travailler plus longtemps et autrement est clairement amorcée », explique l’expert du marché du travail Jan Denys. Mais pourquoi cette évolution? Les raisons seraient à la fois démographiques, économiques et sociétales.

Combien de personnes travaillent après leur pension?

  • Belgique: 9%
  • Pays-Bas: 17%
  • Norvège: 38%
  • Suède: 42%
  • UE: 13%

« En matière de travail après la retraite, la Belgique accuse un certain retard, commente Jan Denys. Je m’attends à un rattrapage. Dans la tranche 65-70 ans, nous dépasserons rapidement les 10% à court terme. Chez les plus de 70 ans, on ne prévoit pas de grands changements. Le travail n’est pas tout dans la vie. Les gens veulent aussi pouvoir profiter consciemment de leur temps. C’est aussi une tendance forte. Aucun pays n’envisage d’ailleurs de relever l’âge légal de la retraite à 70 ans. »

Pourquoi cette évolution?

« Pour comprendre, il nous faut regarder en arrière. Pendant très longtemps, prolonger sa carrière n’a pas été encouragé, mais au contraire explicitement découragé. »

Nombre de nos habitudes actuelles et notre regard sur le travail sont liés à la grave crise pétrolière entre 1974 et 1984, provoquant une perte massive d’emplois et un taux de chômage élevé. C’est précisément à cette période que de nombreux baby-boomers sont arrivés sur le marché du travail, dans un contexte où les emplois se faisaient rares

Pour résoudre ce déséquilibre, le départ anticipé à la retraite a été rendu attractif. Le régime de prépension a été créé et activement promu. « Travailler plus longtemps après l’âge de la retraite n’était absolument pas à l’ordre du jour! On était même pénalisé financièrement pour cela. Seules quelques professions spécifiques faisaient exception. »

Vieillissement et pénurie

À partir des années 1990, ce paysage commence lentement à changer sous l’effet de plusieurs évolutions majeures. « Le vieillissement croissant de la population fait naître la prise de conscience qu’il faut agir pour maintenir les pensions à un niveau soutenable. Continuer à travailler jusqu’à la retraite ne sera dès lors plus pénalisé. À partir de 2015, l’allongement progressif de l’âge légal de la pension est annoncé, ce qui amène la société à regarder autrement le fait de travailler plus longtemps. »

Parallèlement à ce vieillissement, le marché du travail se tend et l’on observe une pénurie de main-d’œuvre, en particulier dans les métiers en pénurie, pour lesquels de nombreux postes restent vacants. Une raison supplémentaire de rendre le travail prolongé plus attractif, comme c’est actuellement le cas avec le système de bonus et de malus de pension.

Génération plus diplômée

« Les travailleurs non plus ne sont plus les mêmes qu’il y a 25 ans. Cette génération mène une vie plus active et souhaite la conserver. Pour beaucoup, la pension ne suffit souvent pas à maintenir ce niveau de vie. »

De plus en plus de personnes sont aussi plus diplômées, vivent plus longtemps et restent en bonne santé, ce qui leur permet d’assumer plus facilement un rôle d’expert indépendant, de formateur ou de conseiller.

Par ailleurs, de nombreux emplois sont physiquement moins exigeants. Les personnes sont donc capables de tenir plus longtemps, même si c’est dans un autre rôle ou à un rythme plus modéré.

Travailler autrement après 65 ans

Selon l’expert, continuer à travailler est globalement une évolution positive. « Ceux qui restent actifs ne prennent plus depuis longtemps le travail des jeunes entrants. La grande majorité le fait par choix positif. Il existe bien sûr aussi des personnes qui continuent par nécessité financière. Mais même pour elles, les conditions de travail sont en général mieux encadrées. »

Travailler plus longtemps signifie aussi, le plus souvent, travailler autrement. « La plupart optent pour un temps partiel ou un mi-temps. Ils bénéficient d’une plus grande liberté, tout en conservant les avantages liés au plaisir au travail, au réseau social et au sentiment d’utilité. »

Tout récemment encore, le système des flexi-jobs est venu s’ajouter, rendant le travail après l’âge de la pension fiscalement intéressant. Mais ça ne veut absolument pas dire que continuer à travailler devrait devenir la nouvelle norme!

« Par ailleurs, il existe d’autres options tout aussi précieuses, comme le bénévolat, le rôle d’aidant proche, la garde des petits-enfants ou le temps consacré aux loisirs, entre autres. »

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