Cancer du pénis: comment réduire les risques et détecter les premiers symptômes?
À l’occasion du mois de sensibilisation aux cancers masculins (Movember), la Fondation contre le Cancer tire la sonnette d’alarme sur un cancer rare mais qui peut devenir très agressif: le cancer du pénis. Mais quels sont les facteurs de risque et les symptômes à surveiller?
Le cancer du pénis, bien que rare en Belgique, est l’une des formes les plus agressives du cancer chez l’homme. Et surtout l’une des plus dangereuses, selon la Fondation contre le Cancer. Et pour cause: cette maladie reste entourée de silence et de tabous, ce qui retarde le diagnostic et augmente les risques pour les patients.
« Si des métastases ganglionnaires sont déjà largement présentes au moment du diagnostic, le taux de survie à cinq ans peut tomber à 35%, et en présence de métastases dans d’autres organes, la survie à 5 ans est quasi inexistante. Cela le rend beaucoup plus agressif que de nombreux autres cancers », explique le Professeur Maarten Albersen, urologue-oncologue à l’UZ Leuven.
Un premier diagnostic… à 71 ans
En Belgique, 414 hommes ont été diagnostiqués du cancer du pénis au cours des 5 dernières années. L’âge moyen au moment de la première consultation atteint 71 ans, preuve d’un diagnostic encore trop tardif. Mais pourquoi ce retard?
C’est surtout la gêne ou le silence entourant les symptômes génitaux qui empêche les hommes d’aller consulter un spécialiste. Pourtant, une détection précoce et une prise en charge rapide permettent souvent un traitement efficace.
« Dès qu’un cancer du pénis est suspecté, il est crucial que le patient soit orienté vers un centre de référence. La détection précoce permet un taux de survie bien meilleur si le cancer n’a pas encore formé de métastases ».
Quels sont les facteurs de risque?
Environ la moitié des cas sont liés à une infection chronique par le papillomavirus humain (HPV), déjà bien connu pour son rôle dans le développement du cancer du col de l’utérus. Lorsqu’elle devient chronique, l’infection peut entraîner des lésions persistantes susceptibles d’évoluer en tumeur, parfois plusieurs décennies plus tard.
Outre cette infection, plusieurs autres éléments peuvent augmenter le risque de développer un cancer du pénis:
- Phimosis (rétrécissement de l’extrémité du prépuce) et inflammation chronique du gland ;
- Lichen scléreux, maladie dermatologique chronique ;
- Tabagisme ;
- Antécédents d’infections ou de lésions génitales ;
- Exposition à certaines photothérapies UVA.
Ces facteurs peuvent favoriser l’apparition de lésions précancéreuses et, à long terme, de cancers progressivement invasifs.
Comment réduire ces risques: les bons gestes
La Fondation contre le Cancer rappelle qu’en Belgique, la vaccination gratuite n’est pas uniquement proposée aux filles, mais aussi aux garçons (jusqu’à 19 ans !). Elle invite donc les parents à faire vacciner leurs enfants contre le papillomavirus. D’autres bons gestes existent pour limiter les risques d’attraper un jour ce cancer:
- Prise en charge rapide des inflammations ou phimosis ;
- Hygiène intime régulière ;
- Ne pas fumer ou arrêter de fumer.
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Et les symptômes à surveiller?
Le cancer du pénis peut avoir des conséquences importantes sur la vie quotidienne. Certains signes doivent attirer l’attention. Parmi eux:
- des modifications de la peau du pénis: épaississement, rougeur, zone plus dure, plaie qui ne cicatrise pas, verrue ou changement de couleur ;
- des troubles urinaires (difficulté à uriner, jet affaibli, brûlures) ;
- un saignement inhabituel ;
- un écoulement anormal ou malodorant ;
- un gonflement au niveau du gland ou du prépuce ;
- une masse dans le pli de l’aine ;
- de la douleur, même légère ;
- des démangeaisons persistantes.
Si un changement vous inquiète ou persiste plus de quelques jours, n’attendez pas: une simple consultation peut rassurer ou permettre une prise en charge rapide.
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