Aubechies : voyage dans le temps !

Le village d’Astérix ne se trouve pas en Bretagne mais bien à Aubechies !

Dans une hutte de l’âge de bronze, une femme agenouillée, habillée de vêtements en toile et de peaux, moud du blé sur un outil en pierre. Elle mélange de la farine et de l’eau pour faire de la pâte à pain. A côté d’elle, un four en terre est chauffé au bois. La femme pose la pâte sur un morceau d’os plat qu’elle glisse dans le four. Après cuisson, le pain est toujours aussi plat. Le goût est bon mais la texture est plutôt caoutchouteuse. Normal ! Nos lointains ancêtres ne connaissaient pas encore la levure.

L’authenticité avant tout

Le musée en plein air d’Aubechies propose une reconstitution fidèle de la vie quotidienne de nos ancêtres. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que leur vie était loin d’être une partie de plaisir. Des peuples préhistoriques aux Romains et aux Gallo-romains en passant par les Celtes, le lieu met en scène la vie de ceux qui vivaient dans nos contrées de 5.000 avant Jésus-Christ (l’âge de pierre tardif) à 476 de notre ère, l’année de la chute de l’empire romain.

Le domaine est la réalisation d’un rêve. Celui de Léonce Demarez, décédé en 2006. Cet archéologue amateur, connu aussi sous le nom de druide d’Aubechies, était passionné par les nombreuses découvertes préhistoriques et gallo-romaines faites dans la région. En 1983, il a lancé un Archéosite qui, depuis, n’a cessé de grandir. L’authenticité a toujours été le moteur de l’initiative, et l’est encore. Les maisons, le mobilier et les ustensiles sont des reproductions à l’identique d’objets issus de fouilles, de découvertes scientifiques et de documents réalisés dans la province romaine Belgica (qui comprenait le nord de la France et certaines régions d’Allemagne).

Le village gaulois est au coeur du domaine. Les maisons reconstituées renvoient à des périodes reculées, de 4.500 avant Jésus-Christ jusqu’à l’invasion de César. La paille, le torchis et le bois sont les principaux matériaux de construction mais, au fil du temps, on constate une évolution certaine en matière de confort. D’un feu dans un simple trou creusé à même le sol, on passe ainsi à une cheminée équipée d’une marmite en métal et d’un chenet. Petit à petit, apparaissent également des métiers à tisser, des greniers, des chambres à coucher, un mobilier primitif et même quelques bijoux et parures.

Obélix a tout faux !

Le sanglier était un animal sacré pour les Celtes (Obélix a donc tout faux !), mais ils élevaient des cochons. Comme ils laissaient leurs animaux en liberté pour qu’ils puissent se nourrir dans la nature, ils se reproduisaient parfois avec des sangliers. C’est ce qui explique la présence à l’Archéosite de trois sanglochons qui se prélassent avec délectation dans une mare de boue.

Lorsqu’on passe du village gaulois à la partie romaine du site, on arrive dans un autre monde. Les huttes primitives cèdent la place à d’élégants édifices en pierre peints couleur terre cuite et décorés de fresques, de mosaïques et de petit mobilier décoratif. Le choc culturel a dû être encore plus important pour les Ménapiens, les Nerviens et les autres tribus celtes. Ils n’ont pas dû en croire leurs yeux quand les Romains ont construit leurs imposantes maisons à colonnades équipée d’écuries et de salles de bain.

La partie romaine du domaine d’Aubechies se veut tout aussi authentique que le reste. Les temples et la statuaire sont basés sur les ruines mises à nu à Blicquy. Les monuments funéraires dans la nécropole gallo-romaine sont des copies de ceux découverts à Trèves et à Arlon. La villa a été construite sur la base d’exhumations en Allemagne, en Belgique et dans le nord de la France.

La vie dans cette villa ne devait pas être désagréable. Les chambres sont très lumineuses, on y trouve une espèce de salle de bain avec de l’eau chaude, une mezzanine, des chaises longues pour se sustenter à la romaine, des amphores, de petites tables en bois et des chaises en marqueterie, d’élégantes colonnades et des jardins avec des herbes aromatiques et médicinales devant la porte.

D’anciens Belges bien vivants

En se promenant seul sur le site, on risque de rester un peu sur sa faim. Mieux vaut d’abord regarder le film historique ou se joindre à une visite guidée. Le must ? Visiter le site lorsque des volontaires se griment en Gaulois pour faire des démonstrations des activités que pratiquaient nos ancêtres. Ils préparent du pain et des biscuits, fabriquent des outils à l’aide de pierres et d’os, coulent du bronze et du fer, font de la poterie et des bijoux ou jouent de la musique sur des instruments primitifs.

Dans la villa romaine on peut goûter des mets préparés selon les recettes d’Apicius tandis que, dans le bar gallo-romain, on peut déguster petit verre d’hydromel (un vin de miel) ou une Cervesia, une bière telle qu’on la brassait à l’époque gallo-romaine et dont la saveur rappelle celle de la Duvel...

Aux alentours

La charmante petite église romane d’Aubechies, entièrement restaurée et située à moins de 300 m du site, vaut le coup d’oeil. Le Château de Beloeil, véritable Versailles belge, aussi. Les amoureux des animaux sauvages et des oiseaux exotiques iront, eux, visiter le Parc Paradisio à Brugelette.

Pratique

  • Archéosite Rue de l’Abbaye 1, 7972 Aubechies.
    Les jours ouvrables de 9 à 17 h (18h en juillet -août). Prendre la sortie 30 et 31 de la A8 ou via les sorties 28 et 29 de la E42.
    Tél. : 069 67 11 16 et www.archeosite.be
    Entrée : 6,50 ?
  • Animations avec personnages vivants tous les dimanches après-midi à partir de fin mars (14-17h et sur rendez-vous pour les groupes).
  • Visites guidées sur demande : 4,50 ? p.p. (min. 20 pers., suppléments pour groupes plus petits). Les groupes peuvent combiner la visite avec la Domus Romana et le Musée Gallo-Romain de Blicquy.

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