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Et si on jardinait au naturel ?

Dire non aux produits chimiques, privilégier les plantes de chez nous, arroser le moins possible. On y prend vite goût. C’est tellement mieux pour l’environnement, la santé et... le plaisir !

Pourquoi utiliser des pesticides et autres insecticides quand on peut recourir aux remèdes naturels ? Pourquoi acheter des engrais chimiques quand la nature fournit tous les ingrédients pour fertiliser naturellement ses plantes, qu’il s’agisse du jardin d’ornement ou d’un potager ? Pas d’excuses ! La campagne Printemps sans Pesticides vient de nous le rappeler. Oui, c’est une petite révolution mentale pour les jardiniers traditionnels. Mais que les inquiets se rassurent. On peut s’y mettre à son rythme, en commençant modestement. Ce mode de jardinage n’est pas particulièrement exigeant en temps (au contraire, il réduit arrosage et désherbage) ni en argent (le poste engrais et produits chimiques disparaît). En plus, on en mesure rapidement les bénéfices car les plantes sont plus belles et plus vigoureuses et les légumes plus sains, plus abondants et plus savoureux !

Et si on jardinait au naturel ?
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Le gros réglage mental à faire est de ne plus considérer la nature comme un ennemi à combattre à coups de fongicides, insecticides et autres herbicides mais comme une alliée. On opte pour le cercle vertueux de la biodiversité dans lequel tout interagit pour générer un écosystème équilibré et fort qui s’autorégule naturellement.

1. On crée un environnement favorable aux animaux auxiliaires

Hérisson, oiseaux, insectes... sont un rouage fondamental dans le cycle de la végétation. Ils pollinisent et contrent les nuisibles comme les limaces et insectes ravageurs. Pensons à leur fournir le gîte (hôtel à insectes, nichoirs, haie diversifiée, tas de branchage, petit coin orties, mare...), ainsi que le couvert (nourrissage des oiseaux en hiver, plantes à baies et fleurs mellifères, pré fleuri...).

2. On privilégie les plantes indigènes

Les espèces indigènes sont plus résistantes au climat local et plus aptes à nourrir et abriter la faune du cru (les papillons d’ici, par exemple, ne pondent pas sur des hortensias). Installons-les dans les conditions les mieux adaptées à leurs besoins en termes de sol et d’exposition.

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3. On opte pour les remèdes et fertilisants naturels

A terme, les engrais artificiels appauvrissent et polluent plus le sol qu’ils ne l’aident. Entretenons la fertilité du sol par des apports de compost, paillis, purin qui favorisent l’activité des vers de terre et micro-organismes. Par ailleurs, consoude, origan, sauge, absinthe, ortie, lavande, pissenlit, fougère, bicarbonate de soude, jus de cuisson des féculents... se révèlent d’excellents fongicides, insecticides, herbicides et remèdes contre les maladies. C’est un saut vers l’inconnu mais on en devient vite accro.

4. On laisse le moins possible le sol à nu

Au lieu de rechercher à tout prix une terre bien propre, on couvre le sol entre les plantations de végétaux divers (tonte de pelouse, bois broyé, paille, écorces...), plutôt secs. Cette couche préserve l’humidité de la terre, fertilise en se décomposant et fait barrière aux mauvaises herbes.

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5. On utilise les outils et techniques appropriés

Bêcher est de moins en moins considéré comme une bonne idée car cette opération perturbe la vie des micro-organismes du sol tout en enfouissant l’humus qui devrait rester en surface. Utilisez une grelinette plutôt qu’une bêche. C’est une espèce de fourche à larges dents et à deux manches qui permet d’aérer le sol sans le déstructurer. Facile à manier, elle ménage en plus le dos. Biner est également un geste top en jardinage naturel car « un binage vaut deux arrosages » selon la nouvelle sagesse populaire.

6. Et on se renseigne !

On aurait pu aussi vous livrer la recette intégrale du compost ou du terreau de feuilles (or véritable pour le jardin) ou de la potion magique qu’est le purin d’ortie. On aurait également pu évoquer les bonnes associations de plantes (qui se protègent et se nourrissent mutuellement), les fleurs amies du potager, les engrais verts, la nécessaire rotation des cultures. La liste est infinie. A chacun de se renseigner progressivement, au fur et à mesure de ses besoins. Pas d’inquiétude, une fois qu’on s’inscrit dans la démarche, on est vite gagné par une curiosité... naturelle.

Privilégier le jardinage naturel c'est se rapprocher plus encore de la nature...
Privilégier le jardinage naturel c’est se rapprocher plus encore de la nature...© PHOTOS ISOPIX

Pour en savoir plus

Cliquer :Natagora.be ( Guide du jardin naturel, à télécharger) et natpro.be (Nature & Progrès)

Téléphoner : 081 30 36 90 (permanence pour toute question relative au jardinage bio le vendredi matin chez Nature & Progrès)

Lire :Jardiner bio, c’est facile (collectif, éd. Terre vivante), Jardiner selon la nature (J. Biston, éd. Nature & Progrès), Soigner bio tous les légumes (E. et J. Jullien, éd. Ulmer), Un jardin, ça ne coûte presque rien (I. Masson-Loods, éd. Racine).

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