Aujourd’hui, on estime que la tension idéale est de 120 mmHg/80 mmHg. © Getty Images

Maladies cardiovasculaires: nos conseils pour un cœur en pleine forme

Faut-il vraiment supprimer le sel de son alimentation ? A partir de quand s’inquiéter si on a de l’hypertension ou trop de cholestérol ? Les conseils ont évolué !

Les recommandations pour prévenir les maladies cardiovasculaires ont beaucoup évolué ces dernières années. Cela concerne autant les avancées technologiques que le nombre de traitements disponibles, mais aussi et même plus, la prévention.

Facteurs de risque: quels sont les ennemis de votre cœur?

« Les facteurs de risque cardiovasculaires n’ont pas énormément changé », souligne le Pr Thomas Vanassche, cardiologue (UZ Leuven). La liste reste plus ou moins la même:

  • tabac,
  • hypertension,
  • cholestérol,
  • surpoids,
  • sédentarité,
  • malbouffe,
  • manque de sommeil
  • moins bon accès aux soins de santé.

On sait désormais que les facteurs environnementaux (l’épigénétique) pèsent aussi dans la balance: lieu de vie, exposition à la pollution du sol et de l’air, au bruit… « Contrairement aux facteurs de risque connus de longue date, sur lesquels on peut agir, les facteurs environnementaux sont de ceux qu’on subit, hélas et sur lesquels on a peu de prise. »

Prévention: une approche plus stricte

Autre évolution récente: le seuil à partir duquel on est considéré à risque de développer une maladie cardiovasculaire a été abaissé. Traiter plus vite et mieux, voilà désormais le mot d’ordre, même pour des personnes qu’on aurait considérées auparavant comme non à risque. Cette approche préventive leur permet de rester plus longtemps en forme et en bonne santé.

Baisser le seuil d’action ne signifie pas automatiquement que tout le monde est concerné. « L’intérêt d’adopter des valeurs optimales, c’est qu’elles aident chacun à se poser une question vitale: à partir de quand a-t-on besoin d’un coup de pouce pour rester en aussi bonne santé que possible? », souligne le Pr Vanassche. Aujourd’hui, on peut agir au niveau du mode de vie et/ou du traitement avec une réelle efficacité.

Il ne faut pas que la prévention soit punitive: le but n’est pas de se faire violence aujourd’hui pour rester en forme demain.

L’important est de prendre en compte l’ensemble des facteurs de risque pour proposer des conseils personnalisés: modification du mode de vie, suivi médical ou traitement si nécessaire. « Mais ce n’est pas toujours possible: la bonne volonté ne suffit pas pour changer de mode de vie », explique le spécialiste. « C’est comme en matière de génétique et d’hérédité: nous ne sommes pas tous égaux. Certains d’entre nous adoptent un mode de vie sain sans trop d’effort; pour d’autres cela reste un combat de tous les jours. C’est pourquoi on regarde ensemble, avec le patient, ce qu’on peut faire et on met au point une stratégie personnalisée ». La prévention ne doit pas être punitive: le but n’est pas de se faire violence aujourd’hui pour rester plus longtemps en forme demain.

Nos conseils pour un cœur en meilleure santé

Voici 6 recommandations de spécialistes pour améliorer votre santé cardiovasculaire.

Hypertension: les nouvelles références

En ce qui concerne l’hypertension, les valeurs standard ont été également revues à la baisse:

  • on estime que la tension idéale est de 120 mmHg/80 mmHg
  • on parle d’hypertension au-dessus de 140/90
  • chez les patients à risque (diabète, problème cardiaque, surpoids), ce seuil a été abaissé à 130/80

L’importance de maintenir une tension artérielle dans les normes est connue de longue date: l’hypertension peut provoquer, partout dans le corps, une usure précoce des vaisseaux sanguins et des organes. Chez les hypertendus, le cœur doit pomper plus fort à chaque battement et les artères sont mises à l’épreuve. Au fil du temps, cela augmente le risque d’affections cardiovasculaires mais aussi de démence, de problèmes de vision et rénaux.

Si vous vous situez dans la zone intermédiaire, avec une tension systolique entre 120 et 140 et une tension diastolique entre 80 et 90, vous êtes considéré à risque. « Bien souvent, il suffit déjà d’adopter un mode de vie plus sain: faire du sport et prendre en compte les éventuels autres facteurs de risque. »

Cholestérol LDL: pourquoi moins, c’est mieux ?

La quantité et le type de graisse influent peu sur le taux de cholestérol LDL. « On regarde désormais plutôt l’impact de votre santé métabolique », explique le professeur. « C’est-à-dire la quantité de cellules graisseuses à hauteur de l’abdomen (tour de taille), la quantité de sucre que vous ingérez et votre sensibilité à l’insuline. Une alimentation saine reste la pierre angulaire pour garder un cœur et des artères en bonne santé. Mais on sait que ce n’est pas lié uniquement au taux de cholestérol. »

Ces dernières années, les valeurs de référence du LDL ont été revues à la baisse à plusieurs reprises. « Pour chaque patient, on considère globalement le risque qu’il court de développer des problèmes cardiovasculaires ».

  • pour les patients à très haut risque (diabétiques, atteints d’une maladie cardiaque ou rénale…), on essaie de ramener le LDL à moins de 55 mg/dl.
  • Pour les patients à haut risque, on vise moins de 70mg/dl
  • pour ceux qui sont à risque modéré ou faible, moins de 100 mg/dl.

« Aux deux premiers groupes, on conseille quasi d’office un traitement médicamenteux, alors que cela sera envisagé au cas par cas pour les autres patients. »

La teneur en cholestérol LDL fonctionne en quelque sorte comme un indicateur du vieillissement des veines et artères sanguines. Plus longtemps le taux de LDL est élevé, plus le risque de dégâts est important, et inversement: plus tôt on traite l’hypercholestérolémie, plus longtemps l’état de santé en bénéficiera.

Faut-il bannir complètement l’alcool?

Avant, le message était le suivant: limitez-vous à 1 ou 2 verres d’alcool par jour maximum pour préserver votre cœur. Le vin rouge était même censé avoir un certain effet protecteur en raison de sa teneur en resvératrol, un puissant antioxydant. Récemment, d’importantes études ont montré que chaque goutte d’alcool ingérée est toxique pour le cœur. Il n’y a pas de quantité en-dessous de laquelle on ne risque rien.

L’alcool peut ainsi augmenter la tension artérielle et provoquer des arythmies. « Il peut en outre atteindre le muscle cardiaque lui-même, si bien que le cœur se met à moins bien pomper. L’alcool et la gueule de bois donnent des palpitations », ajoute le Pr Geert Dom, psychiatre et expert en toxicomanie.

Faut-il se méfier de la caféine?

On avait coutume de se méfier du café car il augmenterait la tension artérielle, mais cet effet ne serait que très temporaire. « Aujourd’hui, les études scientifiques tendent à démontrer que le café serait bénéfique pour la santé », précise le Pr Vanassche. La quantité de caféine ingérée n’aurait pas d’effet significatif sur le rythme cardiaque. « La sensibilité à la caféine est très personnelle ».

Il en va autrement des boissons énergisantes riches en caféine. « Évitez autant que possible ce genre de boissons hautement dosées en caféine. En prendre une de temps à autre ne peut pas faire de mal, mais il ne faut surtout pas que cela devienne une habitude quotidienne! »

Protéger son cœur avec le sport

La nouvelle vision qu’on a de l’exercice physique comporte 3 aspects:

  • rester moins longtemps assis: passer 2 heures debout de plus chaque jour permet déjà de réduire significativement le taux de sucre et de cholestérol dans le sang.
  • faire du cardio: pratiquer trois fois par semaine un sport modéré (transpirer un peu, augmenter légèrement son rythme cardiaque) à intensif.
  • faire du renforcement musculaire: entretenir ses muscles améliore notablement la santé métabolique.

Le sport incite non seulement le cœur à pomper plus de sang, mais les muscles deviennent également plus sensibles à l’absorption du sucre dans le sang. Le corps brûle alors plus efficacement les sucres, les graisses et l’énergie.

Faut-il encore limiter le sel?

On a longtemps conseillé aux personnes au cœur fragile de bannir le sel de leurs repas, mais on en revient aussi. « Aujourd’hui, on sait qu’il ne faut attendre aucun miracle d’une alimentation pauvre en sel. Bannir totalement le sel de son assiette n’est plus à l’ordre du jour », souligne le Dr Pedro Brugada.

« D’ailleurs, la sensibilité au sel par rapport à la tension artérielle est en grande partie génétique et, souvent, il faudrait réduire de trois quarts la quantité de sel pour commencer à voir un léger effet sur la tension. Il n’empêche: mieux vaut ne pas mettre la salière à table, car on en consomme de toute manière trop, ne serait-ce que via l’alimentation transformée. »

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