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François Damiens: « Je suis le pigeon parfait ! »

Vous avez hurlé de rire avec François l’Embrouille ? Eh bien, le comédien François Damiens revient avec ses caméras cachées dans Mon Ket, son premier long métrage !

C’est l’histoire de Dany Versavel, un baraki qui s’évade de prison pour s’occuper de son fils de 15 ans... Pas besoin d’en dévoiler plus pour comprendre que, avec le Belge François Damiens à la réalisation et dans le rôle principal, l’aventure s’annonce drôle et les réactions des anonymes piégés croustillantes...

 » Mon Ket  » est un film en caméra cachée, un concept très original...

J’ai voulu combiner les caméras cachées, que je pratique depuis vingt ans ans, au cinéma auquel je me frotte depuis dix ans déjà. Je trouvais intéressant de jouer avec la réalité et des gens ordinaires : les acteurs jouent, eux sont vrais ! L’idée était donc de raconter une histoire en essayant d’émouvoir et de faire rire avec des personnes filmées à leur insu. Ce sont elles les stars du film, moi je ne suis qu’un fil rouge. Je suis l’interrupteur, elles, la lumière ! (sourire)

Comment a réagi la vingtaine de personnes piégées dans le film ?

En fait, elles étaient bien plus nombreuses que ça. Pour chaque séquence, on piégeait une douzaine de personnes et on retenait la plus drôle. On a tourné chronologiquement, en montant en parallèle car je devais avoir sélectionné un piégé pour pouvoir passer à la caméra cachée suivante. Il fallait, en effet, que l’histoire se tienne pour éviter une compilation de caméras cachées. Les personnes piégées dans le film ont signé une autorisation de diffusion et ont été rétribuées comme des acteurs. Il y a notamment une pharmacienne, piégée dans un bureau de tabac. Elle se retrouve sur le grand écran et va m’accompagner sur des plateaux de télé en France. Alors qu’elle venait acheter des croquettes pour son animal, elle va connaître une certaine notoriété. C’est marrant !

Les acteurs jouent, les gens de la rue sont vrais !

Vous vous êtes complètement métamorphosé pour ce rôle...

Pour ne pas être reconnu et pour entrer dans la peau du personnage, je passais 4 h par jour au maquillage ! Avec tous les solvants qu’on utilise, ce n’est pas une partie de plaisir. Je portais des collants grossissants, un faux ventre, un faux nez, des décolleurs d’oreilles, des fausses dents, des lentilles... Certaines personnes m’ont reconnu, mais très peu !

Comment est né le personnage de Dany ?

Des gens que j’observe depuis tout petit dans mon entourage. Ce personnage haut en couleurs est très précis dans ma tête : il est né à côté du stade de foot d’Anderlecht, a habité au-dessus du magasin de hi-fi de ses parents, a grandi tout seul dans la rue, a fait des mauvaises rencontres et est allé à l’école des magouilles... Ce qu’on appelle un baraki. Dany est raciste, homophobe, mal élevé, incivique, il se gare sur les passages pour piétons, klaxonne quand une personne en chaise roulante n’avance pas assez vite... Je veux montrer que lorsqu’on se comporte de la sorte, on ressemble à ce genre de mec. A travers ces situations, j’ai aussi voulu montrer toute la psychologie et la diplomatie dont on doit faire preuve dans l’exercice de nombreux métiers.

Aimez-vous vous voir à l’écran ?

Quand je suis grimé à ce point-là, ça ne me dérange pas. Jouer à cru m’est plus difficile... Question de pudeur ! Mais je ne regarde pas mon jeu, je me régale de la réaction des gens.

Jusqu’ici, vous avez fait 500 caméras cachées... D’où vient cette passion ?

Petit, je m’amusais à faire des canulars téléphoniques en piquant des numéros au hasard dans le bottin. A l’école, je piégeais mes copains, en attachant leurs cartables au radiateur avec un cadenas par exemple. J’étais très facétieux... Dès 12 ans, j’ai su que je voulais devenir comédien. Un jour, un copain m’a fait entrer dans une boîte de production. J’ai commencé là comme assistant au poste, primordial, des autorisations de diffusion sur les caméras cachées, avant d’en faire moi-même.

François Damiens:
© P.G.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

J’observe les situations de la vie quotidienne et tout au long de l’année je repère des vêtements pour les caméras cachées. Dès que je vois un t-shirt ringard, un jean super mal coupé, je l’achète...

Comment parvenez-vous à garder votre sérieux ?

Les fous rires viennent quand l’esprit se fait surprendre. Lors des caméras cachées, je suis hyper concentré sur mon rôle et je pense aussi à la réalisation et au montage.

Les personnes piégées réagissent-elles parfois mal ?

Je me suis pris un double coup de poing en Bretagne lors d’une émission de télé. Je ne m’y attendais pas du tout : la personne avait 70 ans, portait un costume bleu clair... C’est le jeu ! Mais en général ça se passe bien...

Et vous, comment réagiriez-vous si vous étiez piégé ?

Bien, si c’est vraiment marrant. Si la personne en face de moi arrive à être suffisamment convaincante, je tomberais dans le panneau. Je suis le pigeon parfait !

Piégez-vous aussi votre entourage ?

Oui. Par exemple, quand je suis à côté de quelqu’un, je m’énerve très fort au téléphone alors qu’il n’y a personne en ligne. Mais quand j’essaie de piéger mes fils (14 et 16 ans, ndlr), ils me disent :  » Pas terrible, hein, tes blagues quand elles ne sont pas montées !  » (rires)

Comptent-ils suivre votre voie?

Non, ils ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire et je les laisse tranquille.

A l’écran, vous êtes insolent, grossier, exaspérant... Loin des caméras cachées, quel genre d’homme êtes-vous ?

Un père attentif qui attache beaucoup d’importance à la réussite scolaire et au respect. Ce n’est pas tous les jours fanfare ! J’adore rigoler mais j’essaye de faire comprendre à mes enfants que, pour être libre, il faut être responsable. Vis-à-vis de ma compagne, le respect de l’autre prime aussi et j’essaie de ne pas laisser la routine s’installer dans notre couple. Je n’arrive jamais à être sérieux bien longtemps. Par contre, je déteste les blagues ! Ce qui me fait rire, c’est le comique de situation. Une blague, c’est artificiel ! Moi, je m’amuse à mal les raconter, en ratant la chute ou sans rythme, ce qui met les gens mal à l’aise parce qu’ils ne savent pas comment réagir... Et c’est justement ça qui est marrant !

Comment vivez-vous la célébrité ?

La notoriété ouvre de nombreuses portes mais pour moi qui adore observer les gens ça me complique la vie. C’est un peu l’arroseur arrosé : on m’observe alors que je suis censé observer ! Puis, sur une terrasse, quand 8 personnes me regardent comme si j’avais un oeil au milieu du visage, c’est plutôt dérangeant...

Quels sont vos projets ?

Je vais jouer dans une comédie dramatique de Julien Rappeneau, en juin-juillet, en France. Puis, en septembre, je tourne un film de Michel Hazanavicius, avec Omar Sy. Je ne vais pas être beaucoup chez moi !

Et à quand le retour de François l’Embrouille pour les fans ?

Ce n’est pas prévu mais j’ai envie de retourner des séquences ! J’arriverai toujours à être méconnaissable même si ça prend de plus en plus temps. En Belgique, c’est devenu difficile mais en France, dans de tout petits bleds... En attendant, les fans peuvent aller voir et revoir Mon Ket car on rigole encore plus la deuxième fois que la première. Moi, je l’ai vu 200 fois et je ne m’en lasse pas. Avec l’équipe du film, on ne s’exprime d’ailleurs plus qu’à l’aide de répliques de personnes piégées !

Bioexpress

François Damiens:
© P.G. / FILIP VAN ROE

1973 : Naissance à Uccle

1993 : Etudes d’économie à Bruxelles

1999 : Début des caméras cachées

2001 : Naissance de son fils Jack

2003 : Naissance de son fils Jimmy

2006 : Entame sa carrière au cinéma avec un rôle dans OSS 117

2006 : Joue dans le film Dikkenek

2014 : Joue dans le film La famille Bélier

2018 : Réalise et joue dans Mon Ket (en salle le 30/5)

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