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Bye-bye cernes et poches!

Emblème de la mauvaise mine et miroir de la santé, les cernes ont tendance à s’accentuer avec le temps. Il est cependant possible de les atténuer, en amont ou en aval.

Ils symbolisent à eux seuls la fatigue, le stress, la maladie ou l’âge qui avance: les cernes constituent l’une des premières marques du visage qu’on cherche à cacher dans un but esthétique. Pourtant, ils ne sont pas systématiquement synonymes d’une mauvaise santé. Leur origine découle avant tout de leur position particulière sur le visage humain. « Le cerne, c’est une limite anatomique entre la paupière inférieure et la joue supérieure, précise le Dr Pierre Cuvelier, médecin spécialisé en médecine esthétique au Centre de la Fontaine, à Loverval. Un sillon peut y apparaître et se développer pour plusieurs raisons. »

Le plus souvent, il s’agit de la résultante d’une perte progressive de graisse sous-cutanée et/ou d’une diminution de la tonicité de la peau dans cette zone. Un phénomène parfois qualifié – le terme est violent – de « squelettisation » du visage et lié au vieillissement. Avec le temps, une dépression se constitue alors sous les yeux, créant une zone plus ombragée. « Mais la peau est parfois très fine dans cette zone dès le départ, pour des raisons héréditaires: certaines personnes peuvent déjà être très marquées dès 16 ou 17 ans. Cette finesse de la peau donne souvent naissance à une coloration, par transparence. » La couleur des cernes peut osciller entre le bleuâtre (à cause des vaisseaux sanguins sous-jacents) et le brun (à cause de la mélanine, surtout dans certains groupes ethniques: indien, moyen-oriental...). Ils peuvent aussi se teindre de plaques jaunes, suite à la présence de cristaux de cholestérol.

MIEUX VAUT PRÉVENIR

L’apparition et l’évolution de cernes se fait à un rythme variable, qui dépend en grande partie de l’hygiène de vie. « Il y a certes des facteurs d’évolution intrinsèques, comme la génétique ou les mouvements répétés des yeux, qui fatiguent la peau, reconnaît le Dr Cuvelier. Mais il en existe aussi des extrinsèques, comme le tabac, l’alcool, le manque de sommeil ou le stress. Et il ne faut pas oublier le soleil: les personnes qui s’exposent beaucoup sont plus sujettes aux cernes, parfois avec une éventuelle accumulation de taches brunes (mélanose). »

Les premières règles de prévention consistent donc en l’adoption d’une bonne hygiène de vie et au port de lunettes de soleil en cas d’exposition intense, en montagne ou en bord de mer. « Il faut aussi veiller à une bonne hydratation: il ne faut pas hésiter à se mettre un sérum hydratant sous les paupières. » Le médecin se montre par contre plus circonspect envers les crèmes vendues spécifiquement comme anticernes. « Au mieux, leurs effets seront limités. Vous remarquerez d’ailleurs que les grandes marques changent leurs gammes chaque année, avec un soi-disant nouvel ingrédient formidable... » Le maquillage anticerne, lui, peut fort bien donner le change, en illuminant la dépression – les éclairages studio des photographes ne font rien d’autres! – et en masquant la teinte des cernes.

Si cela ne suffit pas, il existe plusieurs traitements médicaux. L’une des options les plus en vogue est actuellement le PRP, soit l’injection de plaquettes. « On prélève du sang chez le patient, pour en récupérer le plasma, avant de réinjecter les plaquettes dans les paupières pour leur donner une deuxième vie, un effet de régénération. »

Pour être vraiment efficace, l’acide hyaluronique doit être injecté sous l’épiderme, pas appliqué en crème.

Mais le plus courant reste l’injection d’acide hyaluronique. « Nous en possédons tous au niveau de la peau, mais sa concentration diminue au fil des années, à raison de 1 ou 2% par an en moyenne. C’est le matelas du derme: plus on en perd, plus le derme s’amincit, devient transparent, et moins il est élastique. » Attention, bien que présent dans nombre de crèmes et sérums, il n’a réellement d’effet que s’il est injecté sous l’épiderme, ce qui ne peut théoriquement être fait que par un médecin. L’effet est, paraît-il, immédiat.

« L’avantage de ce produit est qu’il est naturel et non-permanent, ajoute Pierre Cuvelier. Cela peut sembler un défaut, puisque son effet ne dure qu’un an ou deux avant de disparaître petit à petit. Mais en réalité, ce produit est bien moins problématique que ceux qu’on injectait autrefois, qui ne bougeaient pas et provoquaient souvent des granulomes. Ici, il est possible de faire disparaître le produit en cas de souci, grâce à une enzyme, et rien n’empêche d’en injecter à plusieurs reprises. Actuellement, d’ailleurs, un médecin sérieux ne proposera des injections qu’avec ce type de produit résorbable. »

Il est aussi possible de traiter les cernes au laser. Cette opération peut viser à décolorer une pigmentation trop importante ou à épaissir les tissus. En ce cas, le faisceau provoque de micro-brûlures de la paupière: l’inflammation contrôlée oblige cette dernière à se régénérer. « Le souci est que plus on est agressif sur une paupière qui a déjà une peau très fine, plus on risque les complications.  »

Reste l’option de la grosse artillerie, lorsque les cernes sont très marqués, s’affaissent et/ou se muent en poches sous les yeux: la blépharoplastie ou le lifting centro-facial, qui visent à retendre la peau, notamment sous la paupière. Des opérations, comme tout lifting, plus délicates à réaliser, qui nécessitent un savoir-faire pour éviter l’aspect artificiel et trop tiré. Le mieux est parfois l’ennemi du bien...

NE PAS SE PRÉCIPITER

En tous les cas, si vous désirez faire appel à une technique un tant soit peu invasive, restez prudent... et ne soyez pas trop pressé. « Certains médecins proposent de traiter les cernes directement, dès la première consultation. Or, il s’agit d’actes médicaux qui, comme tous les autres, ont leurs contre-indications ou de potentiels effets secondaires (voir encadré). Déontologiquement, le médecin est tenu de poser un diagnostic via une consultation médicale et de laisser au patient un délai de réflexion de quinze jours, avec de la documentation. » Sachez enfin que le résultat d’un acte ne correspondra pas toujours à 100% aux attentes du patient: faire disparaître totalement les cernes, tout en gardant un visage naturel, relève encore quasiment de l’utopie. Les atténuer, par contre, est possible!

Contre-indications et complications

Certains profils nécessitent plus de précautions, ou ne sont carrément pas éligibles, à un traitement esthétique, qu’il s’agisse d’injections ou de chirurgie plus lourde. C’est notamment le cas des patients diabétiques, souffrant de certaines maladies auto-immunes ou bénéficiant d’un traitement à base d’antiagrégants. L’injection d’acide hyaluronique étant la technique la plus employée dans le traitement des cernes, elle est assez bien maîtrisée: réalisée dans de bonnes conditions, tout au plus peut-elle entraîner de potentiels oedèmes, rougeurs ou ecchymoses post-opératoires, sans gravité. « Par contre, j’insiste, pour le faire, choisissez un médecin qui a pignon sur rue, met en garde le Dr Cuvelier. Une injection mal située ou trop de produit injecté en une seule séance peut avoir des conséquences dramatiques, allant de la nécrose de tissus à, dans de très rares cas, la cécité ou le décès. »

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