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Fatigue, fébrilité, irritabilité... Quand tout vous angoisse, c’est la santé qui en pâtit

Le fait de s’inquiéter de tout, tout le temps, signifie peut-être que vous souffrez d’anxiété généralisée. Heureusement, cette maladie se traite grâce à des techniques appropriées!

L’anxiété généralisée, également appelée trouble anxieux, est un réel problème de santé qui se traduit par un niveau élevé d’anxiété et d’inquiétude continuelle, explique le psychothérapeute Jonathan Remue (UZ Gent), qui donne des formations destinées aux personnes souffrant de trouble anxieux généralisé (TAG).

« Les personnes atteintes de TAG se tourmentent pour un rien. Elles se tracassent non pas pour de vrais problèmes mais pour des futilités, sans réel fondement. C’est la grande différence avec les phobies spécifiques. Elles se torturent perpétuellement l’esprit et enchaînent les inquiétudes. Dans le cas d’un rendez-vous à un endroit où elles n’ont jamais été par exemple. Elles angoissent à l’idée de s’y rendre, de tout ce qui pourrait mal se passer en cours de route, des mauvaises rencontres possibles, etc. Autre caractéristique fondamentale: elles ont l’impression de perdre le contrôle de cette angoisse devenue excessive », ajoute Jonathan Remue.

L’angoisse est humaine

De toutes les créatures sur terre, l’homme qui possède un cortex préfrontal développé est le seul à avoir la faculté de s’angoisser. La partie antérieure du cerveau permet de penser de façon analytique, de résoudre les problèmes, de se projeter dans le futur mais aussi de voir à travers un filtre négatif. Nous avons souvent tendance à ruminer le passé, à ressasser des faits auxquels on ne peut plus rien changer, à une maladie chronique. Autant de contrariétés qu’il nous faut bon gré mal gré accepter pour pouvoir avancer.

Un trouble de l’attention

Cette peur infondée s’accompagne généralement de troubles tels que fatigue, fébrilité, crispations musculaires, irritabilité, troubles du sommeil, difficulté à se concentrer. « Comme ces symptômes apparaissent aussi avec d’autres maladies mentales, le TAG n’est parfois diagnostiqué qu’après plusieurs années. L’anxiété est comme une sorte de muscle qui grandit et se renforce à force de l’entraîner (involontairement). Le mécanisme développé dans le cerveau devient très puissant au bout de quelques années. Heureusement, il est possible d’y remédier et de réduire l’anxiété à un niveau parfaitement gérable. »

Certaines caractéristiques génétiques, certains traits de personnalité comme l’hypersensibilité ou la tendance à ne voir que le négatif prédisposent à la maladie. Au début, elle se manifeste par la crainte d’une menace précise avant de se transformer en anxiété généralisée. L’anxiété pathologique est le fruit de l’intolérance au risque ou à l’incertitude. « C’est la surinterprétation négative d’une information. C’est aussi un trouble de l’attention. L’étude des régions cérébrales montre que les personnes anxieuses ont du mal à prendre du recul par rapport à des informations négatives et à se concentrer sur autre chose. L’inquiétude est toujours négative, ne débouche sur aucune solution et se renouvelle continuellement, ce qui ne fait que renforcer l’anxiété. C’est tout sauf fonctionnel alors qu’on a la fausse impression que le fait de s’inquiéter permet d’y voir plus clair. Rien à avoir, donc, avec la pensée analytique qui permet effectivement de trouver des solutions. On pourrait le comparer à une balançoire. On a beau balancer en avant, en arrière, on n’avance pas d’un pouce. » Et si on n’y prend garde, les idées noires prennent le dessus.

Lâcher prise

La souffrance provoquée par l’anxiété généralisée est considérable. On se sent vidé de toute énergie, on n’est plus capable de rien, les pensées négatives tournent en rond. Avec l’impact qu’on devine sur les relations, le travail, la vie sociale. « Cesse de t’inquiéter! », répètent le partenaire et les amis, victimes eux aussi de cet état d’anxiété perpétuel. « Or les personnes souffrant de TAG sont incapables de lâcher prise puisqu’elles ne contrôlent plus leur angoisse. C’est particulièrement frustrant et provoque de nombreuses frictions, ce qui à son tour occasionne de nouvelles angoisses. »

Listes d’attente de plus en plus longues

Depuis le début de la pandémie, les listes d’attente des psychologues et des psychiatres ont tendance à s’allonger. Selon une récente étude de Test-Achats, il est impossible d’obtenir un premier rendez-vous dans le mois chez plus de la moitié des psychologues conventionnés. Les problèmes psychiques risquent de s’aggraver s’ils ne sont pas pris en charge rapidement. D’où l’importance d’intervenir sans trop tarder.

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