© M.B.M RECORDS - CAPITALE MUSIC GLORIA BARRACATO

Rencontre avec Frédéric François : « Ma chanson est comme une femme »

Depuis cinquante ans, ses chansons d’amour et sa voix chaude font chavirer le coeur de ses fans.  » Fredo », 69 ans, nous ouvre le sien à l’occasion d’une tournée anniversaire...

Frédéric François en quelques chiffres, c’est 350 chansons, 40 millions d’albums vendus, 85 disques d’or, cinquante ans de complicité avec son épouse Monique, 4 enfants qui l’entourent dans sa carrière. Et 2 ou 3 accords à la guitare pour nous accueillir chaleureusement dans sa maison, à Wanze.

Comment expliquez-vous votre longévité dans le métier?

Je suis sincère et j’habille mes chansons en épousant l’air du temps. Par exemple, dans les années 80, j’ai utilisé les sons disco au service de la chanson romantique avec notamment  » Mon coeur te dit je t’aime  » et  » Je t’aime à l’italienne « , etc. Sur mon dernier album, j’ai divisé le rythme du rock pour avoir de la pop et y mettre un peu d’électro. En fait, ma chanson est comme une femme: je l’habille selon la mode avec des petites couleurs, en mariant les sonorités, mais sans me dénaturer sinon le public est déçu. Lui aussi évolue et se renouvelle : il y a les grands-mères, les mamans et les petits-enfants. Un public très familial.

Votre look aussi a évolué en cinquante ans...

Très peu. En vacances, je me suis laissé pousser la moustache, un peu à la sicilienne car j’adore ça et, avec le temps, je l’ai gardée. Son entretien me prend une heure chaque matin! Car il faut voir le dessus de la lèvre, pas un poil ne doit dépasser, ça doit être symétrique... J’aime la perfection ! (rires)

Dans les années 70, vous étiez classé dans les  » chanteurs à minettes « . Les femmes sont-elles toujours hystériques à vos concerts?

Oui, même avant le début du spectacle. Quand je suis en coulisses, avec un peu de trac, je les entends crier « Fre-do, Fre-do ! « . Et les vingt dernières minutes, elles ne tiennent plus en place ! Je les vois quitter leur siège et descendre des gradins pour venir juste devant moi chanter, crier, faire la fête. Certaines sont accompagnées de jeunes enfants qu’elles posent sur la scène. Des chansons ont compté pour elles, ce sont des points de repère de leur vie, elles se souviennent d’un flirt...

Ca fait quoi d’être l’idole de milliers de femmes?

Très plaisir et ça m’émeut. Précisons qu’il y a aussi de plus en plus d’hommes parmi mes fans... Sont-ils obligés de suivre leur femme? (rires) Quand j’essaye de donner le meilleur de moi sur scène, je vois les fans me sourire, me faire des coeurs, m’applaudir. Je ne pouvais pas imaginer qu’après autant d’années cette histoire d’amour continue, un peu comme un conte de fées. On m’offre des fleurs, du vin, du chocolat... J’ai une équipe de fans qui gère les réseaux sociaux sur lesquels je reçois des petits mots notamment pour mon anniversaire, des cartes virtuelles... Dans des cas particuliers, il m’arrive d’y répondre personnellement.

ON A PLUS QUE JAMAIS BESOIN D’AMOUR.

Comment gérez-vous la notoriété ?

Je suis bien organisé et assisté dans plein de domaines. Ma femme s’occupe de beaucoup de choses dont les courses, mes vêtements et mes cheveux depuis toujours. Nous partons en vacances dans des pays où nous sommes libres de faire ce que nous voulons, nous allons dans des restaurants où nous serons tranquilles. Puis même si les gens me reconnaissent, je leur fais un petit coucou, c’est toujours sympa.

Vous chantez l’amour depuis cinquante ans. A-t-il évolué avec l’âge?

Oui, bien sûr. Pour faire un peu d’humour, j’ai commencé par une chanson qui s’appelait  » Je voudrais dormir près de toi  » et une de mes nouvelles chansons s’intitule « Me réveiller près de toi « . Je trouve ça drôle ! (rires) Oui, on est des observateurs, on voit ce qui se passe dans la vie et je me permets, avec le temps, d’aborder d’autres sujets comme l’enfant qui vient d’ailleurs, un hommage à mon père, la garde partagée... Aujourd’hui avec le monde qui tourne à l’envers, on a plus que jamais besoin d’amour. Il y a mille façons de le chanter ! Chanter des chansons d’amour, des thèmes de la vie que les gens vont s’approprier, des histoires positives, me fait frissonner.

Loin des projecteurs, êtes-vous aussi un grand romantique ?

Oui, je suis à l’écoute, je surprends, j’ai des petites attentions... Avant, je voulais décrocher la Lune, puis je me suis dit que je devais être là pour la fête des mères, les anniversaires, la Saint Valentin, etc., donc je me suis organisé.

Pour rebondir sur un de vos titres, aimez-vous votre femme  » à l’italienne  » ?

Attention parce qu’aimer à l’italienne, c’est plus compliqué qu’on ne le pense ! (rires) J’ai du sang italien donc... On est capable du meilleur comme du pire, on exagère dans tout et pour un rien on va peut-être créer un problème. Il y a une chose qui n’est pas bien, c’est la jalousie. J’étais jaloux à 20 ans mais je n’ai plus peur de perdre ma femme, la confiance est là. Pour moi,  » à l’italienne « , c’est une femme pour toute la vie, une famille, des enfants, essayer de s’entendre et de montrer l’exemple.

Rencontre avec Frédéric François :
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Quel a été son rôle dans votre carrière?

Très important ! C’est ma femme qui m’a encouragé, qui dès le début – je suis désolé de le dire – a permis que je ne travaille pas pour composer. Elle travaillait en usine pendant que je restais à la maison pour faire mes chansons, préparer le repas, jusqu’au jour où il y a eu le premier tube. Là, mon caractère de Sicilien est entré en jeu : j’ai gagné ma vie et elle n’a plus travaillé.

Vos enfants ont-ils suivi votre voie ?

Vincent, qui a fait des études musicales, a fait plein d’orchestrations pour moi ; Gloria s’occupe des photos et de la revue pour les fans « Fredo Mag  » ; Victoria, qui travaille dans le cinéma, réalise les clips ; et Anthony m’accompagne dans les spectacles, il s’occupe un peu de tout. Tout ça n’était pas prévu ! On travaille en famille et on a, par ailleurs, gardé la coutume de mes parents : la pasta dominicale. Nos enfants viennent, accompagnés de nos petits-enfants (ils sont six, âgés de 6 à 20 ans), les dimanches. Je dresse la table, ma femme cuisine et je goûte les pâtes qui doivent être al dente !

Vous sentez-vous mieux sur scène ou dans la vie réelle ?

Les deux. Des fois, je peux me poser la question de savoir si j’ai réussi ma vie avec le regret peut-être de ne pas avoir vu les enfants grandir et de ne pas avoir été présent plus longtemps. Mais je me sens bien sur scène parce que je donne et reçois du bonheur...

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Mon père doit être très fier de là-haut car il rêvait que je devienne chanteur. Nous habitions à Tilleur, en face du charbonnage où il travaillait. Il a émigré avec sa guitare, il adorait chanter... A la maison, mon père prenait sa guitare le dimanche et interprétait des chansons d’amour. Parfois je l’accompagnais. C’est une fierté pour moi d’avoir donné du bonheur à tant de gens. Puis lorsque je passais à la télévision quand mes enfants étaient petits, ils regardaient si j’étais derrière le téléviseur, ils apportaient des photos aux copains d’école qui en demandaient, mes petits-enfants le font... Je ressens une certaine nostalgie aussi. Waw, magnifique!

Frédéric François

1950 : Francesco Barracato naît en Sicile

1970 : Mariage avec Monique Vercauteren

1971 : Naissance de Gloria

1972 : Naissance de Vincent

1975 : Tube « Chicago »

1976 : Naissance d’Anthony

1984 : Tube « Mon coeur te dit je t’aime »

1985 : Tube « Je t’aime à l’italienne « 

1990 : Naissance de Victoria

2019 : Album « Juste un peu d’amour »

N’avez-vous jamais craint d’être décalé par rapport à la société actuelle ?

Franchement, quand vous faites cinquante ans de carrière et que chaque disque est un disque d’or, êtes-vous un chanteur du passé ou du présent ? Et les gens qui vous mènent à cette place, sont-ils du passé ou du présent ? Je n’ai pas peur du tout, je suis bien dans l’air du temps ! Si vous traversez les décennies comme ça c’est que vous êtes dans le coup, autrement on vous aurait déjà jeté ! (rires) On m’a collé l’étiquette de chanteur d’amour mais j’en suis fier. On me surnomme le  » serial lover  » à la Réunion ou encore  » l’apôtre de l’amour  » en Nouvelle Zélande ! (rires) Maintenant, on ne peut pas plaire à tout le monde...

Vous allez sur vos 70 ans, un cap?

Non, non, restons concentrés sur mon année érotique. En-fin j’y suis ! (rires) Contrairement à beaucoup, je fête toujours mon anniversaire avec beaucoup de joie et de bonheur parce que j’ai gagné encore un an...

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